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Moudileno Massengo, Aloïse est né à Vindza en 1933. Fondateur du Front Patriotique Congolais, il mena une véritable croisade contre le « socialisme scientifique » de Marien Ngouabi. Ancien Garde des Sceaux et Ministre du Travail, Il nous dit dans cet extrait de sa conférence de presse « qui est sassou » et donne son point de vue sur les institutions et les élections de 2009.
ACTE I PRESENTATION :
Nous voici nous retrouver ici, je veux dire, à) l’espace Henry, dans cette salle, la fois précédente, Maître moudileno Massengo, nous avait livrer sa réflexion sur la situation qui prévalait dans notre pays, 2 ans après les institutions de mises en place, les institutions de 2002, donc c’était en 2004, à l’époque, il avait résumé ainsi cette situation « Congo-Post-Conflit-Armé », un pays sans gouvernement crédible, ni opposition organisée, aujourd’hui tout le monde est unanime ce constat s’est confirmé, il s’est confirmé, et surtout il s’est aggravé, vous savez comme moi, à travers la presse, aujourd’hui, on nie l’existence de notre pays d’un état, d’un gouvernement et même d’une république. Voila le tableau alarmant au niveau donc de notre gouvernement . Quand à l’opposition, on pensait qu’elle n’était pas encore organisée, aujourd’hui, elle devenue inexistante.
Les hommes exilés un moment, un peu à travers le monde, vous le savez, les uns après les autres, ils ont rejoint le régime de Brazzaville, ils se retrouvent, il se congratulent nous dit-on le soir à M’Pila, ceci sans remords, sans aucune seule pensée sur les drames qu’ils venaient de causer derrière eux. Voilà aujourd’hui ce qui est devenu le Congo au niveau de son gouvernement, au niveau, donc, de son opposition, cette opposition qui s’est séjournée un petit temps en France, et comme je disais qui est repartie les mains vides, sans avoir brandi pendant leur court séjour d’exil, une seule réflexion.
Je voulais dire merci à vous qui êtes là, à vous qui avait consacré votre temps pour continuer la réflexion avec nous, tous ensemble sur la situation de notre pays qui ne fait que s’effondrer, nous sommes en 2008, les gens oublient que bientôt nous allons fêter, célébrer les 40 ans de la prise de pouvoir par les militaires le 31 juillet 1968, je dirai même qu’il s’est passé plus de 40 ans. Je dirai que pour nous les congolais le temps passe, nous ne prenons pas la peine et le temps de mûrir d’approfondir nos réflexions, pour qu’enfin le Congo soit ce qu’il était. Quelqu’un a dit, vous l’avez lu comme moi dans la presse, la solution appartient au congolais, en tout cas pour notre part, nous continuons cette réflexion.
Et, quand je regarde Maître Moudileno Massengo, je pense à un philosophe qui dit qu’en fait : « la vieillesse ce n’est pas à avoir quelques rides de plus sur la peau, la vieillesse parfois, c’est quand on a un certain idéal ». Je voulais lui dire aussi merci d’être là avec nous, merci surtout aussi à vous, comme je l’ai dit tout à l’heure, avez pris votre temps, pour qu’ensemble, nous réfléchissons sur ce qu’on peut faire demain, avant de réfléchir sur ce que nous allons faire demain, quelle est la situation aujourd’hui, à l’ état d’aujourd’hui de notre pays, c’est sur ce, que je vais laisser la parole à Maître Moudiléno Massengo.
ACTE II INTERVENTION DE MAÎTRE MOUDILENO :
Merci, je pense que vous avez reçu le prospectus vous informant du plan de notre réunion, les 4 importantes interrogations qui seront soumises à notre réflexion. La répétition dit-on c’est une très très belle règle qui permet de mieux se comprendre, mais je ne vais pas le relire, à moins que quelques uns souhaitent qu’on relise le texte. Je voudrais tout de suite aborder le sujet qui est , dont le premier point est : Sassou N’Guesso va t-il allègrement vers ses 30 ans au pouvoir, vers ses 30 ans de Chef de l’état, Président de la république, Chef du gouvernement, ça fait injure à votre intelligence, je voudrai vous prier de souligner l’adverbe « Allègrement » parce que nous allons tout au long de cet exposé y faire allusion.
Sassou va t-il allégrement vers ses 30 ans ? Un petit retour en arrière, je sais que vous connaissez très bien l’histoire de votre pays, un retour en arrière est nécessaire pour savoir qui est Sassou ? pour se rappeler qui est Sassou ? pour que vous soyez capable de parler aux uns et aux autres de Sassou, pour que vous parlez de lui d’une manière, intellectuellement, solide, et non pas, à partir de racontars, à partir des jugements trop rapides.
On parle de Sassou au moins depuis 1966, cette période sous Massamba débat, cette période qui était remplie des menées subversives de l’armée, on parlait de Sassou, de N’Gouabi, Marien N’Gouabi avait même été arrêté, il a été délivré par Sassou, ça vous le savez, on a parlé longuement à cette période. On parlera encore, plus longuement, de Sassou à partir de 1968 et je vais très vite, c’est cette période qui va mettre Sassou vraiment au sommet de sa gloire, parce qu’il va, prendre part à la naissance d’un régime et surtout il va prendre part à la mort de ce régime. Donc, le 31 juillet 1968, Sassou éclipse pratiquement Marien N’Gouabi, pour ceux qui se rappelle de cette date, Sassou avait pris la maison d’arrêt, il avait libéré les détenus, mais ce dont on parlait de plus, il avait abattu le Gestionnaire de la maison d’arrêt, et, le corps a traîner 3 jours sur le paspalum et les gens venaient voir, si vous voulez le signe de la victoire de Sassou.
Ensuite Sassou a occupé des fonctions très importantes au CNR, il s’occupait de l’armée, de la sécurité, pour un régime qui était militaire, ça signifie qu’il était à la très très bonne place. Sassou en fonction de ces 2 postes, eh ben, occupera une grande place en 1970, quand il y aura le coup d’état de kinganga, le coup d’état qui est soustrait à la compétence de la Justice, à la compétence du bureau politique, parce qu’on créait une cour martiale, or une cour martiale est gérée par celui qui gère la sécurité et l’armée.
En 1972, je passe très vite, il y a l’affaire « Diawara » eh ben c’est la Cour martiale qui a condamné le coup d’état de 1972, Diawara se trouve à Kinshasa, je fais très très vite, se trouve à Kinshasa et, on prie Mobutu de l’exécuter. Ce que je vous dis là, je le tiens de Mobutu parce que je l’avais rencontré en 1972 à Savigny en Suisse. Mobutu dit « Je n’exécute pas les prisonniers, je vous les envoie vivant », Et, quand ils arrivent à Brazzaville, ils seront exécutés, mais qui pouvait les exécuter, si non, celui qui gérait la sécurité et l’armée.
En 1977, vous savez où Marien N’Gouabi est assassiné, on a plus de pouvoir, on dit que Marien N’Gouabi a été assassiné par un Commando, mais on ne dit pas que, qu’est qui va géré l’état ? C’était le vide absolu ? Le 18 mars 1977, on aura un semblant du pouvoir par la suite, le 18, le 19, on ne sait pas qui gérait, mais ce n’est un secret pour personne, c’est Sassou, qui gérait l’état : Alors, c’est toute la version : « un Commando venu, on ne sait d’où, assassiné le Président Marien N’Gouabi » et la suite, vous la connaissez.
En 1978, c’est le procès qui montre très bien que Marien N’Gouabi ne pouvait pas être assassiné par les gens de Massamba débat.
En 1979, Yombi qui a été, entre temps, institutionnalisé, comme successeur de Marien N’Gouabi, est accusé de haute trahison, par qui ? Par son vice-président qui était Sassou. Yombi est donc promis à un grand jugement, ça sera le premier jugement de notre histoire, qu’un Président condamné pour haute Trahison, comme vous le savez, Yombi ne sera pas jugé.
Il y a 1978, il y a 1979, 1980, 1984, ou une ville dans notre pays prend une très très grande place, qui est Owando, tout se passe à Owando, les évènements d’Owando, à Owando etc.… Owando devient comme l’enfer du Congo, mais ces évènements ne sont jamais débattus à la place publique. Même la mort de Anga est un mystère, ça c’est donc Owando qui devient la ville, le nom dramatique dans notre histoire. Je dis un nom dramatique, Marien N’Gouabi est d’Owando, les évènements Anga, Eboundji, c’est Owando, mais 1997, sera Owando, tout partira d’Owando en 1997. Bref, Sassou crée donc une situation dans le secret, on ne sais pas, du tout, ce qui se passe, heureusement l’histoire du monde tourne, il y a 1989, le système sur lequel, il se repose, et sous lequel il s’abrite, prend fin dans le monde, mais Sassou refuse, de supprimer le monopartisme, il refuse, vous avez tous lu ça, mais, il propose moi, je vais continuer, mais en 1990, heureusement, il s’incline, il accepte le multipartisme : C’est la conférence nationale.
Dernièrement, vous avez entendu ce qu’il a dit, à propos de la conférence nationale, tous les jours, on me demandait d’aller la disperser, tous les jours, om me demandait d’y aller. C’est pour montrer que lui seul, à sauver la Conférence Nationale, or vous savez très bien que c’est pas lui seul qui a sauvé la conférence nationale, il y a eu le peuple.
Enfin, il y a 1992, qui arrive, il n’est pas élu à la présidentielle, pour la première fois Sassou va connaître un certain repos, pour la première fois depuis 1970, va prendre un certain repos, malheureusement, ce n’est pas un repos qu’il prend, s’il n’est pas un Chef d’état, il devient un activiste. Un activiste avec Lissouba, il pouvait gouverner ensemble, 1 mois après avec kolélas, vous connaissez tout ça. C’est le mal évier et vous savez ce que ça nous amener de guerres civiles, vous ne pouvez pas dire que toute les guerres que nous, avons connues, Sassou soit absent, il était pas seul pendant cette période je le dis, mais lorsque nous étudions son histoire, nous devons dire, c’est lui qui a joué la part la plus active, pour faire tomber, si vous voulez, lissouba, parce que quand Lissouba n’a plus de majorité à l’Assemblée, il était tombé Lissouba, puisque la constitution de l’époque fonctionnait sur le pivot majorité/minorité. Quand Sassou se retire de Lissouba, c’est lissouba qui est par terre et ça je crois que le Président lissouba n’a pas compris ça, n’a pas compris que briser l’accord qu’il avait avec sassou, c’était se briser lui même.
Sassou va donc vers Kolélas, c’est la danse, on fait un gouvernement de 60% et 40%, en fait tout ça vous connaissez, Sassou manœuvre la dedans, et finalement, toutes les guerres que vous connaissez, 1993, 1994, et 1997. 1997, dit-on qu’il se reposait, (il n’a pas encore élever pas un monument à cet endroit, où il avait un lit très pacifique, peut-être ça viendra), beaucoup de gens disent, il ne se reposait pas, les documents montrent qu’ils ne se reposait, donc, cette guerre n’était pas sortit comme ça, de quelqu’un qui sort d’un lit fâcheux, c’était une guerre qui était préparée sérieusement. Là aussi, c’est le personnage de Sassou, c’est le personnage de Sassou, cette guerre, ce n’est même pas une guerre entre congolais, on l’appelle guerre civile, mis les forces qui étaient en jeu, et qui sont entrées en jeu et qui ont donné la solution de la victoire à Sassou, ce n’était pas des congolais, ça vous le connaissez là aussi Sassou a commis quelque chose que dans l’histoire de notre pays, un jour on dénoncera avec force, faire appel à des étrangers pour combattre ses compatriotes.
ACTE III INTERVENTION DE MAÎTRE MOUDILENO :
Il gagne et beaucoup pensaient que, après cette victoire d’octobre 1997, il pouvait, à partir de là, s’il était démocrate, s’il aimait son pays, dire, nous avons fait une chose imbécile, nous avons traversé un malheur, j’ai gagné, je vais consacré toute la victoire, pour racheter tout ce mal, pour raccommoder le tissu national détruit. Le nom de la victoire, il va s’en servir tout seul. Personnellement, j’ai eu à l’adresser une lettre pour lui dire, « Monsieur le Président, transformer votre victoire en un nouveau point de départ meilleur. Ne faites pas de la victoire, votre victoire. C’est quelque chose, qui vont simplement, essuyé les larmes sur les joues des mères et des pères, ne considérer pas ça comme une victoire, considérer ça, comme la fin d’un drame », il m’a pas écouter, qu’est qu’il a fait après 1997, il avait déclaré, que c’était pour conserver la constitution de 1992, qu’il avait pris les armes, mais le premier acte qu’il va posé, c’est d’assassiner cette constitution et de ce contact, c’est de mettre en place un gouvernement de personnes, un parlement nommé, une transition incertaine etc.….
Et, malgré cette assise du pouvoir personnel, il va déclencher quand même une guerre, 1 an après, en 1998, une guerre atroce, la plus atroce, je crois que, de toute celle que nous avons vécue, il s’agit de poursuivre les vaincus dans leurs fiefs, je n’insiste pas, vous savez ce qui s’est passé, mais en fait, ces gens qui était dans les fiefs, qu’est ce qu’ils avaient faits, qu’est qu’ils avaient faits, ils avaient commis la même faute que lui Sassou, c’était des guerriers, c’était des miliciens, comme lui Sassou était guerrier et milicien, donc, il devait se sentir concerné par les milices qu’il tenait, le Pool qu’il tenait, le Nibolek ou la Bouenza, mais non, il va s’élancer contre eux, comme si eux ont commis une faute que lui n’a pas commise. Non, c’est une guerre atroce qui va se terminer par un accord sous l’égide des forces internationales, on règle le tout, ça sera parfait, on ramasse les armes, on va faire un dialogue national, Sassou s’engage à ça, Sassou accepte ça, mais au moment de la mise en pratique, il se dérobe, il dit : Je ne peux pas traiter avec tous ceux qui peuvent déclencher des cataclysmes, etc.…. Donc les engagements qu’il prend sur le plan international, il ne les respecte pas, il ne respecte pas, et qu’est ce qu’il fait, il lance un pouvoir personnel. Il fait un dialogue tout seul, il fait une convention nationale tout seul et ça finit par le référendum et une constitution qui n’est pas délibérée par aucune commission nationale véritable et quand cette constitution passe, le peuple dit-on le vote, il assoit un pouvoir, un pouvoir personnel, moi je pense vous connaissez très très bien cette constitution, ce n’est, même, pas la peine qu’on y revienne, mais il est nécessaire que je souligne 2 points de cette constitution :
C’est le rôle de Sassou : qui est Chef d’état, Président de la république, Chef du gouvernement, Législateur par ordonnance, il peut aussi suspendre la démocratie comme le prévoit l’article 16 en France et il peut se considérer comme « inamovible », donc le seul crime qu’on peut l’accuser , ce n’est que « la haute trahison » comme vous le savez le crime de haute de trahison, en droit n’est pas définit, on ne connaît pas les éléments, on dit qu’il y a un crime de haute de trahison, on le définit pas, on dit que le crime de haute trahison c’est ceci c’est cela, c’est donc quelque chose qui s’analyse circonstanciellement. Donc, c’est un personnage comme les rois, inviolable, ça c’est sa constitution.
Il a supprimé le principe démocratique majeur, qui est le fonctionnement de la démocratie par le jeu dit de la majorité et d’une minorité, celui qui a gagné aux élections gouverne, ceux qui ont perdus, font un effort pour pouvoir vaincre au prochain scrutin, tout ça c’est supprimer par la constitution de Sassou, il y a pas ce jeu, Sassou ne gouverne par l’Assemblée Nationale, Sassou ne rend pas compte à l’Assemblée nationale et l’Assemblée nationale ne l’interpelle pas, voilà la constitution que met Sassou et cette constitution crée aujourd’hui, la situation dans laquelle, nous nous trouvons, qui est un véritable marais, sur le plan démocratique c’est un marais comme on parlait sous la révolution française. Personne ne peut demander de compte à qui que ce soit, l’assemblée ne peut pas demander de compte, Sassou ne peut pas non pus lui demander de compte, et c’est le marais absolu, le principe de la majorité, en terme dynamique, n’existe pas, ce qui fait que : c’est le roi tout seul qui gouverne.
Bien entendu, tout ça s’est enveloppé des choses comme les élections, des choses comme les dates, les périodiques, les scrutins, mais des scrutins qui ne servent à rien, relisez et relisez votre constitution, ça ne sert à rien d’aller à des élections législatives. Si les gens gagnent les élections, si ceux, qu’on appelle opposition, gagnent les élections, ils ne formeront pas un gouvernement, ça je crois que chaque congolais, doit se mettre ça dans sa tête, presque le faire bouillir au chevet de son lit, que, si nous gagnons aux élections contre Sassou ça ne servira à rien, parce que Sassou est déjà Chef de gouvernement, parce qu’il est déjà Président de la république.
Donc, tous ceux qui se bagarrent pour être député, tous ceux qui dépensent de l’argent pour être député, c’est pour ne rien faire ! Ils n’ont aucune fonction de contrôle de pays, ils n’ont aucune fonction pour faire des lois, avez-vous déjà entendu des session législatives à l’Assemblée où on a débattu des lois, ça ne sert à rien. Quand Sassou veut faire quelque chose, il passe autrement, pour faire passer sa loi La seule fois quand l’Assemblée a siéger massivement, c’est quand il y a eu l’amnistie de Kolélas, tout dernièrement, mais Sassou a dit d’avance « qu’on ne mettra pas de mains à Kolélas, je vais lui éviter les tracasseries de la justice », c’est lui qui dit ça. L’Assemblée est donc prévenue, vous allez voté une amnistie, et l’Assemblée a voté une amnistie, une amnistie qui est juridiquement nulle, parce que Kolélas n’a jamais été condamné, mais kolélas a été poursuivi et condamné par contumace, vous savez la procédure par contumace, c’est un jugement par lequel, on attend que le prévenu ou l’accusé se présente et on recommence le procès. Kolélas s’est présenté et on a pas recommencé le procès. Donc, l’amnistie votée par Sassou, par son Assemblée est une nullité juridique, ça ne correspond à rien, j’étais même étonné que Kolélas ait accepté ça, parce que en acceptant cette amnistie, il s’est déclaré presque « coupable » alors qu’il aurait pu dire, Non la procédure de la contumace et complot commence le procès, peut-être j’aurai une chance d’être déclaré innocent, si, on me l’accepte, mais ça c’est son affaire . Donc l’Assemblée ne siège pas et je répète personnellement, je vous prie de bien noter ce point, il ne sert à rien d’aller à des élections législatives au Congo, comme il ne set à
rien d’aller à des élections municipales.
ACTE IV INTERVENTION DE MAÎTRE MOUDILENO :
Il ne gouverne par l’Assemblée, il gouverne tout seul, donc ne parlons pas de majorité, il n’a pas besoin de majorité, c’est l’individu, oui, si l’on avait dit un rassemblement pour Sassou, pour l’individu Sassou, oui, mais pas pour la majorité, parce qu’il ne gouverne pas avec la majorité, c’est un principe, dont il ne sert pas, il n’en a pas besoin. Je crois que ce rassemblement a été mal nommée, à ce passé très lourd, à cette constitution très lourde, il faut ajouter le problème très important du pétrole, là où vous le connaissez, je le mentionne seulement, pour montrer qui est Sassou, le problème du pétrole c’est est un très très grand dossier, que vous avez étudié, et qui revient toujours, c’est un grand grand dossier, c’était même quelque chose qui aurait pu aider le pays, mais regarder comment ça sert pour notre destruction. Donc Sassou gouverne par le pétrole, par le bien qui aurait pu aider le Congo à se relever , il a détourner ce bien, comme il a détourné’ l’intelligentsia du pays. Le pétrole, la cause de notre malheur, à quoi ça sert ce pétrole ? C’est pour la corruption des gens, c’est pour sa propre fortune, je n’insiste pas, vous connaissez ça. Donc, Sassou au point de vue de son passé, au point de vue de son avenir, c’est quelqu’un qui, théoriquement, ne peut pas dire, qu’il va « allègrement », c’est un homme appesanti, il a tellement des dossiers sur lui, il a tellement des drames sur lui, même si il y en a qui dit, il va « allègrement», il faut vraiment penser qu’il ne pense à rien, pour croire qu’il peut aller « allègrement » avec tout ce passif.
Il y a des gens au Congo, Sassou, Sassou est encore Sassou. J’aborde là, donc, le 2ème point de notre exposé : Y a t-il de raison de pensée de Sassou peut gagner, peut aller vers 30 ans de pouvoir au Congo. Oui, je l’ai dit, Sassou est persuadé qu’ il faut qu’il continue, il ne sent pas le poids de son passé, il ne sent pas le poids de ses échecs, il faut qu’il continue, donc, il a organisé les gens qui doivent soutenir sa campagne pour qu’ il gagne. Mais Sassou sais très bien qu’il n’est « allègre » qu’il n’est pas léger, qu’il est appesanti, Sassou a pris connaissance de ce texte, il sait, donc Sassou pense qu’il peut gagné, comme Sassou croit qu’il doit être élu et comme Sassou a des partisans, et des partisans qui disent il passera, il n’y aura pas match, selon une formule assez bizarre qu’on entend souvent, en Afrique, mais en fait, il sais par quoi, il passera, il sait par quoi, il sera élu, par où, il sera lu. Je n’insiste pas à des mécanismes des faux scrutins, sur ces mécanismes, où on intimide des électeurs à un moment donné, quand on sait qu’on peut assister à un raz de marrée, Regarder Milongo, une année, la veille, il a du dire, je ne continue plus. Donc ceux qui soutiennent Sassou, ceux qui affirment sassou va passer, se basent sur autres choses que vous connaissez : La mafia, la Violence, le Tribalisme, le réflexe régional etc.….
Donc, si Sassou chante déjà, si les t-shirt circulent à Brazza victoire déjà, si les casquettes circulent sur les têtes victoire déjà, parce qu’il se repose déjà, il se repose sur ce que vous connaissez : le contraire de la démocratie, il se repose sur les actes qui sont le contraire de la démocratie et là aussi, nous revenons, si vraiment il y avait démocratie, effectivement, on peut reprendre, il y aurait pas match, parce qu’après tout ce qu’il a fait, il ne peut pas être élu , à moins que le peuple congolais ne soit pas intelligent, donc, si Sassou va repasser, personnellement je pense qu’il sera élu, s’il y a élection en 2009, parce que les mécanismes qui font échouer la démocratie sont encore là, la constitution de 2002 est là, les service de sécurité consacré à sa personne sont là, ceux qui vont s’agglomérer au RMP sont là, ils quittent leurs partis, les faux candidats vont naître, on accompagne Sassou pour dire que c’est démocratiquement organisé, il est élu démocratiquement. Tous ces mécanismes vous les connaissez, ce sont ces mécanismes qui font que Sassou passera.
Mais le devoir des congolais c’est de dire d’avance, Sassou passera parce qu’il n’y a pas de démocratie au Congo, Dire qu’il ne passera c’est faire à mon avis son jeu, douter même, qu’il ne passera pas, c’est faire son jeu. Il passera, oui, il passera parce qu’il n’y a pas de démocratie au Congo, parce qu’il y a ceci, parce les urnes viennent bourrées au delà nos frontières, ça c’est des choses que vous connaissez, donc, c’est comme ça qu’il faut à mon avis répondre à Sassou, oui tu va s passer, nous on sait que tu vas passer, voilà pourquoi, tu passes.
Donc, je ne reviens sur le RMP, qu’est que ça signifie, il n’y a pas de majorité, il n’ y a pas, ,non plus, de loyauté par tour toux ceux qui y vont, les gens qui y vont sans avoir défini un programme au niveau de leur parti et sans avoir défini un programme au niveau de ces rassemblements, on connaît pas les programmes de ces rassemblements, sauf qu votons Sassou pour la paix, sauf que votons Sassou pour l’unité nationale, Quelle paix lorsque vous avez e Pool, qui est toujours occupé et où les gosses ne peuvent pas aller à l’école, quelle paix, lorsque vous avez des enfants qui ne peuvent pas aller à l’école, qui font le pigondages dans les évènements qu’on a connu à Pointe-Noire. Quelle paix, quand la richesse nationale est détournée, donc, pour nous, Sassou passera, il passera au nom de ces magouilles et de ces pratiques qui sont le contraire de la démocratie.
Et je passe très vite, je vais border le 3ème point qui est celui de l’opposition, à côté de Sassou, qui dit, oui « Allègrement » moi, je suis tranquille je m’en fais pas, je passerai, à côté de ceux qui l’appuient, parce qu’ils savent qu’il y a plein de choses en dessous. Il y a ceux qui disent, cette fois-ci on peut l’avoir, il y a une partie de l’opposition, sinon, l’opposition qui dit que, ben ! si on fait attention, on peut gagner. J’ouvre une petite parenthèse, si l’opposition gagnait, donc un Président sortait de l’opposition, ce vainqueur de Sassou se retrouvera devant une Assemblée déjà entre les mains de Sassou.
ACTE V INTERVENTION DE MAÎTRE MOUDILENO :
Dans mon esprit, 3 choses : il faut combattre Sassou, il faut le faire tomber, mais le faire tomber, ça ne signifie pas à l’Assemblée, ça ne signifie pas à l ’Assemblée, les articles comme ceux-ci, les actions comme celles qu’on peut mener, peuvent faire tomber sassou, n’oublier pas que vous êtes en démocratie, et si vous voulez remplacer Sassou, c’est pour faire la démocratie, moi je ne vous parle pas pour dire, allons assassiner Sassou, il s’agit de faire tomber Sassou démocratiquement, donc, le combattre sous les bases et les principes de la démocratie, vous organisez sous les principes de la démocratie et surtout prévoir l’après Sassou, organiser l’après Sassou, parce que si vous n’avez pas en tête, de façon précise ce que vous feriez une fois Sassou parti ou tombé, ça risque d’être de l’aventure, ça ne servait rien, notre histoire montre très bien que nous avons bien eu des lendemains comme ça, parce que nous avons fait tomber un régime, alors que nous étions pas prêts, alors que nous ne savons par quoi le remplacer. Prenez 1963, Youlou tombe qu’est ce qu’on va faire, on prend le marxisme, le socialisme scientifique, prenez 1968, j’étais là, j’étais dans l’appareil politique, je ne connaissais pas, du tout, Marien N’Gouabi, je ne l’avais jamais vu, j’avais attendu à la radio, maître Moudiléno vous êtes nommé au poste de Garde des Sceaux, c’est Poungui qui est venu me chercher pour me conduire devant Marien N’Gouabi, je l’ai vu en Conseil de Ministre pour la première fois, et je portait t dans ma tête de questionnement, est ce que je peux travailler avec un homme que je ne connaissait pas ? est ce que je peux le connaître en travaillant avec lui, compte tenu de l’espoir qu’avait suscité Marien N’Gouabi, j’ai dit qu’il fallait se mettre à travailler avec Martien N’Gouabi, par patriotisme, je suis allé travailler avec Marien N’Gouabi et aussi parce qu’au poste où j’étais, il y avait un grand dossier important, qui était les assassinats de 1965, je disais il faut qu’il y ait la lumière la dessus. Donc Marien N’Gouabi prend le pouvoir, sans savoir où on va et on essaye de travailler pour avoir un programme, vous savez la suite, c’est propre camp, l’armée ne le comprend c’est le coup d’état, sa propre région, c’est le régionalisme, ne ce n’est un secret ne le comprend pas qu’est qu’il fait finalement.
Donc, l’après Sassou doit être pensé et ne pensez pas, que vous y passerez en 1 jour ou 2, vous y prendrez du temps, parce que les moyens dont dispose Sassou pour ce pouvoir éternel sont très forts, c’est à vous d’être fort dans l’analyse, il faut prendre du temps, à côté de ce que je viens de dire, il y a des gens qui disent le raisonnement, les principes démocratiques ce n’est pas ce qu’il faut, c’est pas ça, il faut en finir avec le tyran, il faut ceci, ils pensent comme ça, la libre pensée existe en démocratie, mais, choisir n’importe quels moyens pour faire la démocratie, c’est pas la démocratie, parce que si vous assassinez Sassou, il faut vous attendre à long terme, d’autres vous le reprochent et tentent aussi de vous assassiner. Et surtout en improvisant un après Sassou sans vous être assez sérieux, vous allez à la déconfiture, moi je voulais ceci, moi je pensais ceci etc.… Voilà mes chers frères ce que je voulais dire fondamentalement.
Mais vous me permettez de la lecture d’un document qui est religieux, ce ,n’est pas je prêche, mais je pense que toutes les sources qui prêchent la valeur, qui prêchent le cœur, sont toujours bonnes à explorer . En faisant lire ce texte par Théodore, je ne vous dis pas de vous convertir, ou de quoi, mais de prendre conscience qu’il y en a qui agisse, fondamentalement, au nom des principes, de ce texte, Théodore va vous le présenter, il va vous le lire :
« La vision des ossements »
La main du seigneur fit sur moi, il me fit sortir par l’esprit de seigneur et me déposa au milieu de la vallée, elle était pleine d’ossements, il me fit circuler parmi eux en tout sens, ils étaient extrêmement nombreux à la surface de la vallée, ils étaient tout à fait desséchés, il me dit fils d’homme ces ossements rêvent-ils revivre ? je dis Seigneur Dieu c’est toi qui le sait, il me dis, prononce un oracle entre ces ossements, dis leurs ossements desséchés écouter la parole du Seigneur, ainsi parole du seigneur Dieu à ces ossements, je vais faire venir en vous un souffle pour que vous vivez, je mettrai sur vous de nerfs, je ferai croître sur vous de la chair, je tomberai sur vous de la peau je mettrai en vous un souffle en vous et vous vivrez alors que vous connaissez jésus est le Seigneur, je prononçai l’oracle comme j’avais reçu l’ordre, il eut un bruit quand je prononçais l’oracle et un mouvement se produisit, les ossements se rapprochèrent les uns des autres, je regardais voici qu’il y avait sur eux des nerfs, de la chair froissée, et ils étaient étendus de la peau par dessus, mais il n’y avait pas de souffle en eux , il me dis prononce un oracle sur le souffle, prononce un oracle fils de l’homme, dit ton souffle, ici parle le Seigneur Dieu, souffle vient des quatre points cardinaux, souffle sur ces morts et ils vivront, je prononçais l’oracle comme j’avais reçu l’ordre, le souffle entra en eux et ils vécurent, ils se tiennent debout, c’était une immense armée. Il me dit fils d’homme ces ossements c’est toute la maison d’Israël ils disent nos ossements sont desséchés notre espérance a disparu nous sommes en pièce, c’est pourquoi, prononce un oracle et dis leur ainsi parle le seigneur Dieu, je vais ouvrir vos tombeaux, je vous ferai remonter de vos tombeaux, oh mon peuple ! je vous ramènerai sous le sol d’Israël, vous connaîtrez que je suis le Seigneur quand j’ouvrirai vos tombeaux et que je vous ferai remonter de vos tombeaux oh mon peuple ! je mettrai mon souffle en vous pour que vous viviez, je vous établirai sur votre sol, alors vous connaîtrez que c’est moi le Seigneur qui parle et accompli du oracle du Seigneur
On a lu ce texte, pour vous dire, pour vous inviter à ceci, les principes démocratiques, les mécanismes de la démocratie, ce sont des valeurs, mais aussi, chacun de soi même, aussi, on ait des convictions, on ait des valeurs en soi même auxquelles on croit, si on ait religieux, on peut aussi aider par là la démocratie. Si on ait philosophe, on peut aussi aider la démocratie, donc il y a des valeurs auxquelles nous adhérons on peut aussi les mettre en jeu dans la construction de la démocratie. Lorsqu’il y a une réunion savoir discuter sainement, si on a une certaine culture de paix, c’est dans ce sens que j’ai fait lire ce texte, il y a des valeurs qui peuvent nous aider, pour ceux qui croient, il y a des valeurs suprêmes qui sont en nous. Moi, je vais terminer en vous prions d’accepter que je fasse devant vous une sorte d’engagement, parce que dans le texte que vient de lire que vient de lire Théodore, il est dit que, Ezéchiel eut l’ordre de prendre un bâton et ce bâton est souvent interprété comme celui du pèlerin, comme celui qui marche etc.… Moi mon engagement que je prend devant vous, c’est que je continuerai à marcher, je continuerai à tenir mon bâton, là j’au une canne et peut-être demain j’aurai 2, je continuerai à marcher, tant que j’aurai la force. ET si le temps lié à la maladie ne me permet plus de tenir un bâton de marcher, je m’efforcerai de rassembler au président Roosevelt, de continuer la lutte dans un fauteuil roulant. MERCI…
Transcription : Appolinaire Noël KOULAMA
Publié le : 19 septembre 2008
Rubrique : Congo-interview
Source : Infopagecongo.oldiblog.com
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