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Les ponténégrins et les kouilois portent, traditionnellement, la première responsabilité sur les déboires de la région, aux autorités locales, alors qu’ailleurs dans le pays, par exemple, la première responsabilité traditionnelle est portée sur le Président de la République. Face à cette considération culturelle sur la responsabilité, le doute aux autorités locales s’est installé, la crise de confiance aux autorités locales persiste, il me paraît, nécessaire, de restaurer cette confiance, de mobiliser ces énergies démobilisées et d’apporter des solutions pour vaincre le fatalisme. La carte d’une autorité royale semble être plus utile et peut-être l’AS gagnant… ... Appolinaire Noël KOULAMA développe la nécessité, d’une autorité royale dans la région du Kouilou et soutient le Collectif des Originaires du Kouilou (COK).
ORIGINE DE LA REFLEXION SUR LA ROYAUTE:
La république congolaise fonde sa politique sur le mensonge, sur une grave imposture de l’unité nationale, ce mensonge sert à préserver les intérêts politiques, financiers et du pouvoir par les tenants de la magistrature suprême. C’est pourquoi, cette république centralisatrice, constituée et dirigée par des prédateurs, produira des prédateurs régionaux qui seront en collision avec eux, dont les conséquences, à partir de l’uniformisation imposée par le principe de la centralisation, seront le recul des régions et de leurs cultures.
L’arrivée des militaires cuvettois au pouvoir en 1968, sonnera le glass d’une nation qui n’est pas solidaire. Le cas du peuple cabindais est démonstratif, avec son annexion par l’Angola, la république refuse de les soutenir, pire encore, ce peuple unit et indivisible avec celui du kouilou sera pourchassé et livré sans vergogne aux bourreaux, sous des considérations, qu’ils sont kongos.
Depuis les années d’indépendance, la république a brillé de coup d’états, de violences politiques et du tribalisme, conséquence : Naissance des antagonismes Nord/Sud. De nos jours, la république reste incapable d’instaurer l’unité nationale, du fait des pesanteurs tribales et ethniques. L’armée congolaise et la fonction publique sont en majorité nordiste, en même temps, les nordistes sont minoritaires et ont très peu de cultivés ou d'instruits (numériquement et en valeur absolue), du point de vue comparative, par rapport aux sudistes, alors que réellement cet état de fait, des postes occupés majoritairement par des nordistes, n’est qu’un fait voulu et imposé depuis 1968.
Ces nouvelles conditions ont profondément bouleversées la société congolaise, ainsi, les cadres du kouilou héritage de la colonisation, en occurrence, le Colonel Louis Sylvain N'Goma et Monsieur Thistaire Tchicaya manifestent leurs craintes légitimes, par leurs refus respectifs, du pouvoir de la présidence de la république, au profit respectif du Colonel Yombi Opango et de Sassou N’Guesso, pour des raisons de manque effectif important des militaires ressortissants du kouilou dans cette armée, majoritairement nordiste.
On voit bien que la république n’offre pas les caractéristiques d’une nation républicaine : L’armée n’est pas républicaine, la police n’est pas non plus républicaine, la fonction publique est sous contrôle de la minorité nordiste, le président de la république ne peut être impartiale et applique une politique à la convenance de son Clan, parfois injuste devant le mérite du kouilou ou d’autres régions du pays, en ce sens, croire aux défenseurs de l’hypocrisie sur l’unité nationale, c’est être, tout simplement naïf.
La république congolaise est incapable d’assurer la stabilité démocratique; en 1992, un président de la république, monsieur Pascal Lissouba avait été élu, sous les bases exigées par la Conférence Nationales Souveraines (CNS), mais il a été difficile, voire impossible que des autorités du pouvoir comme celles de l’opposition soient au dessus des régions et des ethnies, en effet, les malentendus politiques se sont tous transformés en affrontement interethnique, sous le bonheur de la manipulation de Sassou N’Guesso, actuel Président du Congo-Brazzaville.
Notre république continue de véhiculer, de façon hypocrite des valeurs morales sur l’unité, sur l’anti-tribalisme, en même temps, elle est la première qui bénéficie des soutiens ethniques, par ailleurs, elle dilue la volonté des consciences populaires des peuples et de communautés par des intimidations, c’est pourquoi, par la voie de Antoinette Sassou, le Collectif des Originaires du Kouilou (COK) ont été menacé, selon elle « vous voulez la guerre, vous voulez qu'on vous bombarde ». A cet effet, la république, manque du respect à son propre peuple et aux communautés qui la composent.
La victoire militaire de Sassou N’Guesso sur Pascal Lissouba sonne le glass d’une république à deux vitesses : ceux des régions du nord avec ceux qui les soutiennent d’une part, et les autres, sont ceux qu’il faut affamer, arrêter ou exclure, ainsi plusieurs personnalités de la région du kouilou collaborent avec l’un des régimes les plus criminels, jamais connus au Congo, une sorte de survie qui délaisse la morale et la raison : Résultat, la région du kouilou devient corrompue, crise morale, crise sociale, crise culturelle, crise de l’autorité locale, crise d’unité.
La République congolaise, dans son état général de la nation, est, par conséquent, remise en cause.
LES FONDEMENTS POUR UNE CULTURE SOLIDE ET FORTE :
On sait, désormais, dans quelles conditions l’Europe coloniale a divisé l’Afrique, on sait, que la colonisation et l’esclavage ont déstructuré et affaiblit l’Afrique, on sait, aussi, que les tracés coloniaux ont, non seulement détruits les royaumes, au profit de nouvelles configurations géographiques imposées, lors de la conférence de Berlin de 1885, mais, aussi, ces nouvelles configurations ont éparpillés les différents groupes ethniques de part et d’autres des frontières coloniales.
La conséquence à cette politique européenne, sera l’acculturation, le déséquilibre social de nos traditions et les dysfonctionnements liés à la mauvaise accoutumance de la nouvelle donne culturelle européenne.
Bien entendu, on sait que les peuples du monde entier sont attachés à leurs racines et à leurs cultures, dans le cas de la région du Kouilou, il me paraît, naturel, que ce sentiment d’attachement soit axé sur la royauté et sur la langue Kikongo, jadis commerciale dans le royaume du Kongo. Un peuple qui vit pleinement les valeurs laissées par ses ancêtres, fait vivre l’âme du peuple, de même, un peuple qui ignore sa culture est un peuple où l’âme souffre.
Selon Yves Marie Adeline de l’Alliance royale de France, « un peuple doit s’appuyer sur son histoire et sur son identité, pour aborder sereinement l’avenir ».
Le retour à l’ordre royal ancien a pour objectif, de permettre la consolidation des fondamentaux tels l’esprit de solidarité, l’obéissance à l’ordre royal, le respect du patrimoine public et régional, la démocratie, le pluralisme, la fierté d’être kouilois, la famille unie, la fidélité, la monogamie, l’hétérosexualité, le respect des cadets à leurs aînés pour des personnes mineures…
Ces fondamentaux devraient permettre l’instauration de la discipline, de la rigueur, d’être animé par la volonté de développement, de la considération de la valeur royale sacrée, ainsi, la conscience générale sera inquiétée, si l’on sort des normes morales, telles définies dans les fondamentaux ci-dessus. La politique régionale sera redéfinie et modelée dans une démocratie horizontale sous l’œil veillant du peuple et de la société civile.
Dans ce sens, la royauté est la seule autorité, capable d’apporter l’unité régionale, là où les autorités politiques se divisent, et préservera à très long terme, les cultures régionales, le patrimoine régional, l’environnement et les richesses régionales, elle est au dessus des idéologies qui nous divisent. Le souci principal d’un roi reste la prospérité et l’unité de son peuple , de ce fait, il est incapable de se servir des ethnies pour le pouvoir, car il est déjà pouvoir , par l’unité forte du peuple autour de lui.
La présence de l’autorité royale sortira la région du Kouilou de l’uniformisation que tend à imposer la république centralisatrice, elle pourra avoir le regard moral sur les richesses et l’économie de la région du Kouilou, par l’intermédiaire des autorités politiques locales. Son rôle de non politicien et de non gestionnaire des affaires courantes de la région du Kouilou, fera de lui, un médiateur exceptionnel, au dessus de la mêlée.
D’après Yves Marie Adeline de l’Alliance royale de France, « La royauté n’est pas élective, donc le Roi n’a pas besoin d’être démagogique », il respectera la libre entreprise, la libre expression et soutiendra des valeurs :
· La dignité des personnes
· La famille
· Le patrimoine régional
· La liberté
· L’unité
LES FONDEMENTS POUR LE FONCTIONNEMENT DE L’AUTORITE ROYALE:
Comme nous l’avons vu précédemment, la monarchie dispose de la vitalité nécessaire pour venir à bout des crises internes dans la région du Kouilou, en effet, le pouvoir royal est, essentiellement, un pouvoir arbitral et moral, par conséquent, il se situe au dessus de la mêlée.
L’autorité royale, n’aura pas de rôle politique, ni de rôle économique, mais son rôle sera, exclusivement, moral pour lui permette de conduire un arbitrage, en cas de crises. Son œuvre sera, essentiellement, d’œuvrer au triomphe de la justice, de la paix, de l’amour, au respect du patrimoine public et régional.
A cet effet, le personnel politique élu et en charge de la région du Kouilou et de la ville de Pointe-Noire prêteront le sermon devant l’autorité royale, avant toute prise de fonctions ou de mandats. En cas de dérapage délibéré ou prémédité, le coupable sera considéré, avoir porté atteinte au roi par le sermon.
Le pouvoir politique local assumera son rôle administratif, politique, économique et social, sans l’immixtion de la royauté, par contre, le recadrage proviendra de la royauté, c’est-à-dire, toutes lois régionales, toutes constitutions régionales, votées à la majorité, pour être validées doivent avoir, au préalable, un assentiment de la royauté.
Le pouvoir royal, par son rôle moral, pourra être consulté pour donner son avis, sur des questions sensibles, sur des cas de crises qui ne sont pas résolues par les autorités régionales, l’avis du Roi aura pour, effet de départager, et, d’être une force de jurisprudence.
La dotation financière principale, avec l’accord de la royauté proviendra :
· d’un impôt spécial, prélevé dans la région du kouilou et dans la ville de Pointe-Noire.
· Ou d’un fond annuel versé de l’état à la royauté qui constituera son budget.
Ce financement sera annuel, l’autorité royale tiendra compte pour son fonctionnement annuel , et, aucun autre financement, sera alloué pour la même année. Ce qui permettra à la royauté d’élaborer des politiques humanitaires, de conserver le patrimoine royal etc......
L’héritage spirituel: Animiste et chrétien de la royauté traditionnelle, par ses contacts avec les portugais aux siècles passés, sera conservé, et, même pris en compte, comme critère pour l’héritage à la couronne royale.
L’affiliation à l’héritage de la couronne sera celle, traditionnellement, appliquée : De père à l’enfant ou de l’oncle au neveu maternel et les intronisations respecteront les coutumes en cours.
Une garde royale financée par les fonds propres du royaume ou de la région du Kouilou, sera constituée et la Cour royale sera formée des sages de la Région du Kouilou.
Pour rendre possible le fonctionnement de la royauté sur des bases plus saines, il y a nécessité d’un cadre décentralisateur, libéral et démocratique, qu’apporte le fédéralisme.
CONCLUSION:
Les descendants royaux [1] sont connus dans la région du Kouilou, actuellement, il existe un roi qui n’est que symbolique et non connu par une majorité des congolais, c’est, vraiment, la démonstration d’une culture politique, depuis les années post-indépendances, qui n’a jamais voulu porter un engouement sur notre histoire traditionnelle. Ces politiques ont marginalisé nos royautés au lieu de les valoriser.
Depuis que le vent démocratique souffle en Afrique, plusieurs états totalitaires qui avaient brimé, persécuté les descendants des familles royales, pour protéger leurs pouvoirs, lâchent de lest actuellement. On dénombre de nombreuses reconnaissances des pouvoirs royaux.
Dans cette période de mondialisation, de pauvreté, de crises, de détournement des deniers publics dans la région du Kouilou, des richesses de la région qui ne profitent qu’à un Clan autour de Sassou N’Guesso, le Roi aura un grand rôle moral à jouer.
C’est pourquoi, il faut rendre la royauté plus opérationnelle, c’est établir son autorité, c’est éviter sa précarité, C’est finir avec sa marginalisation et avec sa représentation symbolique. La royauté respecte la nature humaine, elle assure la diversité culturelle et par le respect et la reconnaissance de son autorité morale, elle peut permettre d’éradiquer tous les maux nauséabonds que se livrent les autorités politiques locales.
Le Collectif des Originaires du Kouilou (OCK), ne doit pas faire abnégation de leurs idéaux, et, dans ses valeurs nobles, devrait, entre autres, lutter contre :
· La crise sur la souveraineté du Roi
· La crise de l’autorité du Roi
· La crise morale
· La crise de l’identité
· La crise de l’unité
· La crise politique
· La crise économique
· La crise sociale
· La crise culturelle
· La colonisation du Cabinda
Le devoir d’un Roi, c’est d’être plus proche de la population, être à l’écoute de son peuple, le nouveau Roi devrait, en toute conséquence, remplir ce rôle « d’humanitaire et d’autorités morale et arbitrale » qui est le sien.
Auteur : Appolinaire Noël KOULAMA
Publication : 17 décembre 2007
Rubrique: Région du kouilou
Source : Infopagecongo.oldiblog.com
Note :
[1] L'un des héritiers du Royaume Louango s’appelle Moë François Fouti-Loemba, héritier principal de la Couronne après la mort de son oncle, sa majesté Moë Georges Taty 1er.
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