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puceLA DÉMOCRATIE ET L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2009 AU CONGO-BRAZZAVILLE : LES RAISONS DE DÉSESPERER.

 

 

Hélas pour la plupart des Etats de l'Afrique comme le Niger ou le Congo-Brazzaville où les principes fondamentaux sont souvent travestis, ou tout simplement transgressés. Ici, la démocratie du plus fort est absolument la meilleure. Les passages en force, même les plus honteux, se sont banalisés. Ils sont évidemment tolérés et cautionnés par la tristement célèbre Communauté Internationale. Voici la réalité sociopolitique au Congo-Brazzaville à deux jours de l’élection présidentielle.

 

 

UNE PRÉSIDENTIELLE GAGNÉE D’AVANCE !

 

Après des parodies d'élections présidentielles au Nigeria, au Sénégal, au kenyan, au Zimbabwe, au Gabon, au Togo, au Rwanda, en Tunisie, en Algérie, en Ouganda, et ailleurs, le Congo-Brazzaville s'apprête encore à vivre une parodie d'élection présidentielle, après celle de 2002.

 

En effet, le scrutin présidentiel, prévu le 12 juillet 2009, sera tout sauf transparent. On s'attend déjà à une élection sans enjeu et sans suspense. Sauf énorme surprise, le vainqueur est déjà connu.

 

Comme en 2002, ce vainqueur va encore gagner  sans péril, ni gloire...avec un score à la soviétique.Et ceci, dés le premier tour, s'il vous plaît ! 

 

C’est ici l'occasion d'apprécier l'extrême franchise de l'ancien président congolais Pascal LISSOUBA qui affirmait que lorsqu'on est au pouvoir en Afrique, « on organise pas les élections pour les perdre. »   

 

 

 

UN THÉORÈME SOUVENT VÉRIFIÉ

 

Hélas, depuis l'an 2000, ce théorème de P.LISSOUBA est de plus en plus vérifié en Afrique, sauf peut-être en Afrique du Sud où l'actuel président Jacob ZUMA a remporté le bras de fer démocratique avec son prédécesseur.

 

Ce théorème sera davantage vérifié sur le continent, que pour s'éterniser au pouvoir, la plupart des dictateurs africains, régulièrement élus ou non, s'amusent désormais à supprimer la disposition constitutionnelle relative à la limitation des mandats présidentiels.

 

Or, si ce verrou constitutionnel saute, et que les scrutins organisés sont tous truqués, que reste-il de la démocratie en Afrique? L'alternance politique est-elle possible avec des opposants facilement débauchés, ou encore réduits à l'impuissance par tous les moyens?Cette alternance interdite n'ouvre t-elle pas la voie à une succession dynastique à la tête de l'Etat comme cela a déjà été le cas au Togo et en R.D.Congo?

 

Dans cette triste hypothèse, en Egypte, en Libye, au Sénégal, au Gabon, au Congo- Brazzaville,  tout porte à croire que des fils sont dans les starting blocks pour succéder démocratiquement à leurs pères. Pitié!

 

La démocratie fonctionne si mal dans les pays africains que beaucoup de citoyens ne sentent plus concernés par la gestion de la chose publique. Ils se sont  volontairement mis hors-jeu. L'enthousiasme de se rendre aux urnes (qui a caractérisé le début des années 1990) est partout en train de reculer. Du coup, l'abstention galope et inquiète de nombreux observateurs. Car, désappointés et voués à une sorte de déréliction, beaucoup de citoyens ne veulent plus entendre les mots: « votes », « élections », « scrutins » et même « recensement ».Tel est le cas des « Sudistes » au Congo-Brazzaville qui préfèrent s'occuper exclusivement de leurs problèmes de survie quotidienne.

 

 

SUDISTES ABSTENTIONISTES  ET NORDISTES AUX URNES

 

A l'image des dernières élections locales de juin 2008 au Congo-Brazzaville, l'on redoute déjà, lors de l'imminente présidentielle un fort taux d'abstention chez les citadins (majoritaires dans le pays) et chez les  « Sudistes » (également majoritaires)

 

Dans les circonstances actuelles, les « Nordistes » seront plus enclins à aller voter dans le but de conserver le pouvoir qui leur avait momentanément échappé. Car, pour la plupart, les fameux « Nordistes »  sont les  bénéficiaires prioritaires de l'actuel régime. 

 

En vérité, en vérité, si l'unité nationale, tant souhaitée, demeure un idéal difficile à atteindre, l'unité du Nord (en vue de la conservation du pouvoir d'Etat pour l'éternité) est désormais une chose presque faite à l'orée de cette imminente présidentielle.

 

C'est vraisemblablement dans cette perspective (et non celui de la promotion du développement ou de la paix) que de respectables cadres du Nord( comme le professeur Théophile OBENGA)développent, à travers différents médias, une faconde courtisanesque pour inciter des citoyens faméliques, morbides bref paupérisés à dessein(à des fins politiciennes) d'aller voter en masse « l'infatigable bâtisseur »

 

Evidemment, une telle attitude politique est moralement et intellectuellement inavouable. Mais, il n'empêche qu'on puisse la soupçonner. 

 

Qu'on le veuille ou non, la politique du ventre n'explique pas tout. Car, force est de constater que la plupart des cadres et intellectuelle du Nord sont manifestement à l'abri du besoin. La majorité de ces cadres ont été souvent promus à de hautes fonctions civiles ou militaires quand ils n'ont pas été  membres du gouvernement ou du parlement. De plus, les marchés de l'Etat leur sont presque toujours réservés. Alors comment expliquer ce larbinisme éhonté et avilissant?

 

Sans être excusable, le larbinisme des cadres du Sud est compréhensible. Ces cadres ont tout à fait intérêt à faire la courbette pour espérer obtenir (par pitié!) une place de comparse ou de figurant au gouvernement, au parlement, au sein des institutions de la République ou dans le reste de l'appareil d'Etat. Mais le larbinisme des cadres et intellectuels du Nord est absolument incompréhensible, voire impardonnable.

 

Car comment peut-on être raisonnable ou cartésien et présenter  « l'infatigable bâtisseur » comme le seul mortel capable d'assurer la paix aux Congolais ?

 

Cet argument, à la fois drôle et vicieux, cache mal une menace à peine voilée. Les intentions  bellicistes qui se profilent derrière  cet argument menaçant, visent à conditionner les suffrages des citoyens déjà traumatisés à orienter leurs votes vers le prétendu faiseur de paix incontournable. Cela s'appelle  manipulation des consciences et des esprits faibles.  

          

En clair, le message sous-jacent, véhiculé par cet argument insidieux, est celui-ci: « Sans lui, vous allez connaître une guerre sans fin. Mais avec lui, vous aurez une paix assurée même sans le minimum vital. » 

 

Dès lors, ne peut-on pas soupçonner  « l'infatigable bâtisseur d'avoir été le cerveau de toutes les violences sanglantes qui jalonnent l'Histoire récente du pays?  L'histoire nous dira un jour peut-être s'il a été  le fauteur ou non  des troubles politiques survenus lors des autres régimes autres que le sien.

 

 

MATHIAS DZON :  UNE CANDIDATURE NORDISTE CONTROVERSÉE AU « NORD »

 

C'est justement dans l'intention de conserver définitivement le pouvoir au Nord (par tous les moyens!)Que la candidature-surprise de Mathias DZON irrite la plupart des originaires de la partie du pays située au nord de Brazzaville. Mathias DZON apparaît donc comme un trouble-fête qui a faussé leur stratégie de conservation facile du pouvoir d'Etat.

 

Cette stratégie, conçue plusieurs années à l'avance, est très simple: « avoir un seul candidat pour le Nord tout en favorisant plusieurs candidatures au Sud ». Autrement dit, tout faire pour : diviser l'électorat majoritaire du Sud pour le dominer pour les siècles des siècles

 

Cela est d'autant plus facile que les « Sudistes » du Congo s'avèrent moins « grégaires », moins solidaires et moins consensuels et plus individualistes que leurs compatriotes de la partie septentrionale. Plusieurs faits de l’Histoire récente peuvent corroborer cette assertion.

 

Malheureusement le Nord propose mais Dieu dispose. Depuis qu'il a manifesté le désir d'affronter celui qui a fait de lui ministre des finances durant cinq ans (1997-2002), M.DZON est devenu la cible de l'Union Sacrée des Nordistes qui soutiennent inconditionnellement « l'infaillible bâtisseur ». Toute une machine a été mise en branle pour le discréditer, pour l'intimider et l'empêcher de faire acte de candidature à la magistrature suprême.

 

C'est ainsi que M.DZON est taxé d'ingrat, d'incompétent, d'inhumain, de tribaliste, de candidat dans assise électorale qui ne pourrait même pas gagner dans son propre village natal.

 

Or s'il est avéré  que « l'on ne jette pas des pierres que sur une pierre qui porte des fruits », M.DZON est bien parti pour empêcher quelqu'un de remporter la présidentielle du 12 juillet 2009, au Congo-Brazzaville, dès le 1er tour... « avant le lever du soleil »,dit-on 

 

Mais les choses ne sont pas aussi simples. Car le candidat M.Dzon n'est pas exempt de reproches. Malgré le fait qu'il nie catégoriquement son implication dans le scandale financier de l'affaire SALU HUMBERTO BRADA (qui éclata au moment où il était ministre des finances),  beaucoup de Congolais ont du mal à le croire.

 

 

MATHIAS DZON :  UNE CANDIDATURE NORDISTE CONTROVERSÉE AU « SUD »

 

En fait, pour une partie de l'opinion congolaise, DZON ou SASSOU, c'est bonnet-blanc et blanc bonnet. Ce ne sont que deux franc-maçons du Nord qui avaient naguère comploté pour faire chuter le régime démocratique du sudiste P.LISSOUBA. Toutefois, entre les deux, la majorité des Sudistes, placés en position d'arbitre, préfèrent actuellement DZON à SASSOU dont le bilan de la gestion de la chose publique, s'avère globalement négatif. Et pour cause, après 25 ans de pouvoir sans partage, ce dernier n'a plus rien d'excitant à proposer aux Congolais qui rêvent d'un changement de régime.

 

En outre, pour beaucoup de Sudistes prudents, la candidature de M.DZON demeure suspecte. Pour eux, ce candidat du Nord ferait de l'esbroufe au profit de SASSOU qui serait son mentor. Ce serait donc un candidat faire-valoir, un pseudo-opposant fabriqué juste pour divertir les Sudistes et garantir la conservation du pouvoir au Nord. C'est pourquoi, beaucoup de Sudistes ont réellement l'intention de s'abstenir afin de ne pas être le dindon de la farce d'une hypothétique entente secrète SASSOU-DZON.

 

Les partisans de DZON réfutent la prétendue collusion entre DZON et SASSOU. Pour eux, cette allégation mensongère et diffamatoire proviendrait des officines de la majorité présidentielle (R.M.P).Ce camp adverse, formé d'anciens staliniens, est champion de l'intox et de la désinformation. SASSOU et DZON se seraient-ils entendus? A présent,  nul ne connaît la vérité.

 

Ainsi, malgré le ras-le-bol suscité par la mégestion chronique du régime SASSOU et la volonté manifeste de changement, il y a fort à parier, qu'une fois de plus, beaucoup de Congolais( en particulier les Sudistes)ne se dirigeront pas vers les bureaux de vote,le le12 juillet 2009.                

 

 

LES RAISONS OBJECTIFS D’UNE ABSTENTION AU SUD

 

Au Congo, comme ailleurs en Afrique, la mauvaise gouvernance, jamais sanctionnée à cause des scrutins biaisés, favorise une inflation de l'abstention des électeurs. A quoi bon aller voter, lorsqu'on sait que votre suffrage ne va compter que pour du beurre fécal?(excusez l'expression scatologique)  

 

Le 12 juillet prochain, lors de la présidentielle au Congo-Brazzaville, comme aux locales de 2008, l'abstention risque encore d'être élevée; surtout dans la partie sud du pays qui est la plus peuplée, la plus urbanisée et la plus frondeuse.

 

A l'évidence, le Sud du Congo est  désormais orphelin de tous ses leaders charismatiques: J.P THYSTERE TCHICAYA et André MILONGO (décédés), Pascal LISSOUBA (âgé de 78 ans et contraint à l'exil depuis 11ans), et enfin Bernard KOLELAS (débauché de son rôle d'opposant historique après avoir bénéficié d'une rocambolesque amnistie)

 

En fait, pour de nombreux Sudistes du Congo, la présidentielle du 12 juillet 2009 se jouera entre deux francs-maçons du Nord. Elle ne les concerne donc pas. Voilà pourquoi, beaucoup préfèrent s'abstenir. D'autres sont prêts à monnayer leurs voix...Misère oblige! 

 

Manifestement, la plupart des citoyens lambda de la partie Sud du Congo, ayant plus subi pendant ces douze dernières années (dont 5 de transition post-conflit entre 1997et 2002) les affres d'une mauvaise gouvernance indubitable, ne trouvent aucun intérêt à se précipiter vers les bureaux de vote.



D'ailleurs, beaucoup de ces Sudistes ont même refusé de se faire recenser ou de se faire inscrire sur les listes électorales. ils sont absolument déçus par l'extrême légèreté, voire l'inconséquence de leurs cadres et de leurs politiques. En plus, ils savent bien, de surcroît, que pour cette présidentielle, les jeux sont déjà faits.

 

Ainsi, le jour de la présidentielle, quel intérêt pourrait motiver un Sudiste  à accomplir son devoir de citoyen-électeur s'il n'attend pas une éventuelle promotion ou un probable maintien à un poste politico-administratif? S'il n'a pas un proche parent bien placé dans les rouages du système politique sortant? Ou encore s'il n'a pas un généreux parent par alliance du Nord qui occupe un juteux poste politico-administratif ou dans la force publique?

 

Car, il faut bien constater que bon nombre (sinon la majorité!) des autorités civiles ou militaires du Nord ont comme épouses ou maîtresses des femmes du Sud. Malheureusement, ces liaisons matrimoniales ou sentimentales ne les empêchent pas de pratiquer des discriminations outrancières et ostentatoires, fondées sur l'appartenance tribale, ethnique ou régionale.  

 

Il va de soi que les originaires du Sud (qui, évidemment ne se trouvent pas dans les avantageux cas de figure précités), vont se tourner les pouces et bâiller aux corneilles le jour de la présidentielle. Leur soif d'abstention se justifie pleinement. A qui la faute?

 

L'abstention risquera d'être très élevée à cause des erreurs stratégiques ou tactiques de l'opposition dont les leaders sont presque tous des Sudistes.

 

Comme partout en Afrique, cette opposition est très divisée, voire atomisée. L'on aurait voulu que cette opposition formât un bloc monolithique soudé autour d'un candidat (ou deux au maximum) afin de contraindre le candidat sortant à un second tour qu'il redoute et qui lui serait probablement fatal. Mais l'opposition congolaise a jugé bon de présenter tous ses candidats.

 

Qu'a cela ne tienne, une certaine opinion estime que la pluralité des candidats ne profitera nécessairement pas au candidat sortant. Bien au contraire, l'invalidation des candidats Ange Edouard POUNGUI, Christophe MOUKOUEKE(et deux autres)pourrait profiter à M.DZON et à R.KINFOUSSIA qui pourraient faire des bons scores si le scrutin était bien organisé. Or...

 

L'abstention risque aussi d'être élevée parce que les T.S.S (Tout Sauf SASSOU) savent bien que les six candidats indépendants ne peuvent réaliser l'exploit de Boni YAYI au Bénin. Dépourvus de fief et peu connus du grand public, ils sont même soupçonnés de faire le jeu du candidat sortant :à savoir grignoter des voix aux opposants « radicaux » afin de favoriser un tour unique du scrutin présidentiel. Cette farce électorale pour leur permettre de décrocher assurément un maroquin ministériel.     

 

Les bureaux de vote risqueraient de manquer de visiteurs le jour du scrutin en raison de la forte militarisation de cette élection capitale. En effet, vingt cinq mille (25000) hommes en armes seront déployés pour sécuriser théoriquement les bureaux de vote. Or tout le monde sait que l'armée congolaise n'est pas républicaine; et qu'elle est, du sommet à la base, très ethnicisée à dessein. Preuve tangible, le « Lingala » la langue du fleuve et des Nordistes est devenue depuis, octobre 1997, la « langue officielle » de la force publique au détriment du « Kikongo » la langue du chemin de fer et des Sudistes. Ce qui constitue un étrange paradoxe lorsque l'on sait que le Sud du Congo abrite la majorité des habitants.

 

Les Congolais, avides de changement immédiat de régime politique, savent qu'ils ne peuvent pas compter sur une Communauté Internationale habituée à jouer un « Ponce Pilatisme » de rigueur, aux conséquences tragiques. Ils savent que les « GRANDES PUISSANCES » de l'Occident et de l’est (RUSSIE et CHINE) ne peuvent intervenir pour empêcher un dictateur africain déterminé à truquer une élection pour se maintenir au pouvoir.

 

Ils n'ignorent pas que la France qui n'est pas franche et qui n'a pas d'amis mais rien que des intérêt laissera faire. Pire, elle pourra même féliciter le vainqueur pour son hold-up électoral réussi. Cela est d'autant plus vrai que la signature de l'acte de décès de la Françafrique(ou France-à-fric), envisagée par Jean Marie Bockel, n'a pu avoir lieu.

 

Les Congolais qui veulent à tout prix le départ de D.SASSOU NGUESSO savent qu'ils ne peuvent compter  sur la Russie et la Chine qui demeurent nostalgiques de la « dictature du prolétariat » et de la « démocratie dirigée » qui, par essence, est liberticide. Ces puissances majeures de l'ONU s'avèrent peu respectueuses des droits de l'Homme et absolument hostiles à l'expansion de la démocratie libérale sur la planète.

 

Les Congolais, assoiffés de changement, savent qu'ils ne peuvent compter sur l'intervention des Etats-UNIS d'Amérique de Barack OBAMA, probablement en raison du partage du monde en zones d'influences depuis la politique de détente EST-OUEST, instaurée au lendemain de la crise des fusées de cuba de 1962.Le Congo demeure donc une chasse gardée de la France qui y joue un rôle déterminant dans le changement des régimes politiques.

 

Les Congolais, obsédés par le changement, savent qu'ils ne peuvent compter sur l'UA qui est prête à sanctionner les putchistes;mais pas les dictateurs retors qui truquent les élections et font des coups d'Etat constitutionnels pour s'assurer une présidence à vie, et en prime une succession dynastique.

 

Tout compte fait, ils ne restent aux démocrates, aux patriotes et aux progressistes congolais que la prière, sinon leurs deux yeux pour pleurer une démocratie crapuleusement assassinée. Car, avant même la proclamation de la présidentielle, la messe est déjà dite. 

 

Autre facteur susceptible de garantir une abstention élevée est l'attitude actuelle de l'opposition dite radicale. Depuis que la campagne a été ouverte, les leaders de cette frange de l'opposition, candidats ou non, comme Clément MiERASSA et E.NGOUELONDELE, battent campagne pour le boycott du scrutin avec des arguments solides et des menaces  à la clé.

 

Chat échaudé craignant l'eau froide, ces derniers jours qui précèdent la date du scrutin présidentiel, plusieurs brazzavillois font « l'élection buissonnière ». En masse, ils désertent la capitale. Par avion, par train ou par camions bondés, ils se dirigent essentiellement vers Pointe-Noire ou vers leur terroir d'origine pour se mettre à l'abri d'un éventuel conflit. il va de soi que ces citoyens prudents ne voteront sûrement pas.

 

Ainsi, partout en Afrique et particulièrement au Congo-Brazzaville, « une élection n'est plus la fête de la démocratie », comme l'expliquait J.P. Thytère TCHICAYA. Bien au contraire, elle est devenue une période d'angoisse et d'anxiété pour les paisibles citoyens; voire une période de deuil surtout quand il s'agit de l'élection présidentielle.

 

En fait, les scrutins en Afrique et au Congo en particulier sont désormais assimilés à des évènements cataclysmiques annoncés qu'il faille affronter courageusement. On peut donc les comparer à des cyclones impitoyablement dévastateurs du 4è ou du 5è degré de l'échelle de SAFFIR-SIMPSON ().Car le dirigisme excessif et le jusqu'auboutisme calculé des dirigeants au pouvoir, dans la conduite(unilatérale) des processus électoraux, favorisent des violences de la part des électeurs qui se sentent lésés. Au péril de leurs vies désespérées, ces électeurs se rebellent contre l'opacité manifeste des scrutins et n'admettent pas qu'on leur vole leur victoire. Le cas récent du paisible KENYA est encore dans les esprits.

 

A la vérité, la démocratie à l'occidentale, avec un multipartisme et des élections à intervalles réguliers, est désormais mal perçue en Afrique. Contrairement à ce que pensait CHURCHILL, la démocratie est, de nos jours, pour les Africains de la rue, le plus négatif des systèmes politiques.        

 

L'on peut donc supposer que l'abstention risque d'être aussi élevée que lors des locales de l'année dernière. Et ce ne sont  donc pas les messages moralisateurs du Commissariat  à l'instruction civique  De Luc ADAMO MATETA, de la Commission nationale aux élections (CONEL) et de La Direction Générale Aux Affaires Electorales (DGAE), diffusés avec l'appui complaisant du PNUD qui pourraient  la réduire. Il en va de même pour le prêchi-prêcha des dirigeants de la majorité présidentielle.

 

Pour espérer  mobiliser grand-monde, lors du scrutin, la majorité présidentielle a intérêt à intimider les citoyens (via les prédicateurs religieux surtout), à faire davantage des promesses démagogiques, à marteler davantage sur le mot fétiche « PAIX », à distribuer davantage des billets de banque et des produits de première nécessité (comme elle sait déjà le faire!), et aussi de faire voter les métèques ().

 

 

ET POUR CONCLURE PARTIELLEMENT…

 

De toute évidence, ces libres propos, émis par un libre-penseur, ne peuvent faire l'unanimité. Qu'à cela ne tienne, une maxime journalistique enseigne que les faits sont les faits, mais les commentaires libres. Chacun est donc libre de commenter ses propos selon sa sensibilité, sa vision du monde, ses intérêts personnels ou collectifs, ou de l'intérêt général.

 

Du courage à ceux qui iront voter. Bonne grasse matinée dominicale et bon repos aux abstentionnistes. Bonne chance à tous les candidats. Que le candidat le plus rusé l'emporte!Que les candidats dupés et nécessairement battus acceptent sportivement leur défaite sans créer une agitation périlleuse pour le pays. Même si les cas de fraudes flagrantes surgissent, que la discipline et l'ordre puissent régner dans les bureaux de vote et aux alentours. Ce dimanche de vote, les villes congolaises seront toutes mortes, mais la fraude électorale sera bien vivante. Vous êtes tous prévenus...

 

 

Auteur :  Pépin BOULOU (pepinboulou@hotmail.fr) Tel :  242 664 54 09

Publié   le :   10  juillet  2009

Rubrique :  Spéciales  élections présidentielles 2009

Source : http://www.maux-en-mots.com  (Extrait d’un article de Pépin Boulou)

 

 

 

 

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