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puce CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR : LE GÉNOCIDE DES TUTSIS AU RWANDA ET CRIMES POLITIQUES EN AFRIQUE. (le 28/07/2014 à 00h43)

 
   
   
 

 

 
 

 

CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR :  « LE GÉNOCIDE DES TUTSIS AU RWANDA ET CRIMES POLITIQUES EN AFRIQUE ». COMMENT SORTIR DE L'IMPUNITÉ ?


Organisée le Samedi 21 juin 2014 de 09H à 15H au Palais Bourbon par Brice Nzamba et Kovalin Tchibinda Kouangou, la « Conférence internationale sur le Génocide des Tutsis et les crimes politiques en Afrique » a été un grand moment de réflexion et de partage sur l'avenir de l'Afrique. La présence de nombreuses personnalités de renom a donné à cet événement un caractère très particulier.
 


Conférence internationale sur le génocide rwandais et crimes politiques en Afrique du 21 juin 2014 au palis Bourbon à l'Assemblée nationale de Paris : Au centre de la photo, Brice Zamba (gauche) et kovalin Tchibinda (droite).

 

La conférence a pour objectif, d'éviter les génocides en Afrique, de sortir de l'impunité, de comprendre les mécanismes politiques et sociaux qui préparent et annoncent la réalisation des crimes de masse afin de mieux les prévenir, et rendre plus efficace l’action préventive de la communauté internationale ? Enfin, comment sortir de l’impunité orchestrée par certains régimes Africains au profit des criminels de guerre et des dictateurs ?

Des définitions juridiques internationales ont été rappelés au cours de la conférence :

- Crime de masse = « Crimes contre l'humanité », s'il y a violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d'un individu ou d'un groupe d'individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux. Et imprescriptibilité.

- Crime de masse = « Génocide », si l'extermination physique est planifiée, intentionnelle, systématique et programmée. Et imprescriptibilité.

« Le droit international définit le génocide, le crime des crimes, et donc, supérieur au crime contre l'humanité », affirme Nizar AYED, Avocat à la cour de cassation en Tunisie, et ajoute : « la jurisprudence internationale a évolué, peut être considérée Génocide d'une personne, si l'extermination de la personne est planifiée, programmée par un État ou un gouvernement ».


GÉNOCIDE ET ORGANISATION

Dans son intervention, Yonathan Arfi, vice-président du « CRIF » évoque les questions de « Prémices de crimes de masse » et de leur « organisation ». puis, il souligne : « Le génocide arménien, La Shoah et le génocide des Tutsis ont en commun un processus sociétal clairement établi et qu’il convient ici d’expliquer pour pouvoir le distinguer », selon lui, «  la question spécifique des médias et de la propagande » joue un rôle capital dans la préparation au génocide :

- D’abord, la désignation d’un groupe comme bouc émissaire coupable de tous les maux,
- Ensuite, la libération de la parole à l’encontre de ce groupe,
- Puis, le positionnement des élites politiques et intellectuelles,
- Et enfin, le passage à l’acte.

Par suite, le vice-président du « CRIF » attire l'attention de l'Assemblée, en disant : « Pour rendre une population criminelle, il faut d’abord désigner un bouc émissaire, puis la déshumaniser pour supporter la violence qu’on va exercer contre lui. Sans cette propagande, il ne peut y avoir de génocide ».  Yonathan Arfi, pour conforter son propos, il s’appuie sur les propos qui étaient tenus par la radio mille colline, avant le génocide rwandais.

Enfin, il termine, en rappelant la particularité de toutes ces violences : «  Que, par son mode opératoire, le génocide de Tutsy et Rwanda, rappelle aux razzias des nazis contre les juifs en Europe ».


PRÉVENTION DES GÉNOCIDES

L'écrivain et éitorialiste rwandais, David GAKUNZI, dans son intervention demande « d'être attentif et vigilent de la politique conduite par des dictateurs » avant d'ajouter : « Soyez vigilent au niveau des décisions qui dérivent dans la société », et il précise : « Qu'on ne tue pas, Qu'on ne dispose pas et le génocide c'est le crime des crimes ».

Un autre intervenant a jugé la nécessité d'engager les débats, d'engager le dialogue lorsque les politiques ont tendance à dériver. Un exemple sur le cas du Rwanda a été soulevé en ces points : « Si en France, on avait déclenché les mécanismes d'alerte public, de débat, l'Assemblée nationale aurait débattu sur le cas Rwanda, et peut-être, on aurait éviter le génocide et par conséquent, la France ne serait pas l'un des responsable du génocide Tutsi ».

Prévenir, c'est surveiller les politiques, et, en cas de dérive alerte l'opinion nationale, l'opinion internationale et les institutions internationales.

Cette mobilisation internationale passe par le lobbying des sanctions économiques et personnelles visant les dictateurs eux-mêmes. En effet, ces dictateurs sont sensibles à la saisie de leurs biens à l’étranger, aux interdictions de voyager etc.

Enfin, Pour palier au déficit d'alerte, de mobiliation international et de prévention, Sacha Reingewirtz, Président de l'« Union des étudiants juifs de France (UEJF) ». a été définit des zones de haut risques :

- Sort reservé aux homosexuels,
- Sort reservé aux femmes,
- Sort reservé aux minorités ethniques,
- Sort reservé aux minorités religieuses.


ÉVITER L'IMPUNITÉ

Dominique Soppo, militant associatif et ancien président de « SOS Racisme », déplorent, la volonté des présidents africains qui tentent d'exclure le continent à la justice internationale : « On ne peut pas se justifier contre les imperfections de justice, pour ne pas appliquer la justice internationale aux bourreaux responsables de crimes contre l'humanité ou de génocide ».

Monsieur Acheikh Ibn-Oumar, ancien ministre du Tchad, interpellant l'assemblée, il met en garde entre la lutte contre l'impunité et la justice punitive. En s'appuyant sur le cas de l’apartheid en Afrique du sud, qu'il a sévèrement classé comme un crime contre l'humanité, une politique déshumanisant l'individu, il souligne : « Pour lutter contre l’impunité, la société sud-africaine et à sa tête, Nelson Mandela a eu besoin de + Vérité et Réconciliation +, ceci, afin d'éviter une justice punitive ».

Poursuivant son intervention, l'ancien ministre tchadien rappelle : « Les bourreaux qui n'ont pas demandé pardon et qui ont commis des crimes contre l'humanité, ont été poursuivis et condamnés par le tribunal ».

Par ailleurs, David Gakouzi, écrivain et éditeur de la « Maison d'Afrique », enfonce le clou : « Pour lutter contre les crimes et génocides, la lutte contre l'impunité est nécessaire », « l'impunité n'est pas une question de vengeance, mais une prévention. Lutter contre l'impunité  est un mécanisme de soulager et de guérir les victimes et les familles endeuillées » rétorque t-il. Puis, il ajoute, pour le cas du Rwanda, la démocratie est pour l'instant difficile, puisque la priorité c'est la sécurisation, la reconstruction et la mémoire pour que les crimes de masse ne se reproduisent plus.

Enfin, l'éditeur de la « Maison d'Afrique » martèle : « Prévenir, c'est situer les responsabilités locales de crime de masses avant de situer les responsabilités internationales de ce même crime de masse. Dans le cas du Rwanda, la responsabilité de la France a été établie, dès lors la France savait ce qui se préparait, mais n'a rien fait pour l'éviter ».


LE CAS CONGO-BRAZZAVILLE

Après les interventions sur le Rwanda, il a été examiné par l'assemblée, le cas Congo-Brazzaville, si ce cas porte les germes du « génocide ». Ce cas a été exposé par Benjamin Moutsila qui et l'auteur d'une procédure judiciaire contre l'état congolais. Dans son exposé Benjamin Moutsila fait remarquer qu'il y a eu instrumentalisation des masses par le régime de monsieur Sassou et des massacres à grande échelle commis par les miliciens de l'actuel homme fort du Congo contre des populations civiles, entre 1998 et 2002 des populations de ses rivaux Pascal Lissouba et Bernard Kolélas dans le sud du Congo où prédomine le groupe Kongo.

Et ces massacres ont été effectué par l’ethnie M'bochi de monsieur Sassou et organisé puis planifié par ce dernier. François Ibovi, porte parole du gouvernement, promet l’enfer aux habitants des quartiers Sud « Nous allons, déclare-t-il à la radio, ratisser, nettoyer Bacongo, quartier par quartier, rue par rue, maison après maison ».

« La violence déployée contre les Lari prend l’allure d’un ethnocide », déclare Eugène Jubault, un missionnaire, au journal Ouest France  (Ed. du 5 octobre 1999). Pierre Loubier, son collègue, en est si convaincu, qu’il affirme avoir perçu « une volonté manifeste de supprimer les Lari ». L’ONU évalue à 250.000 le nombre de « personnes déplacées », soit près d'un quart de la population congolaise.

Finalement, Sous la pression des organisations des droits de l’homme, un cessez le feu est proclamé. Sassou Nguesso invite les congolais réfugiés en république démocratique du Congo, à regagner le pays. Il leur promet sécurité et protection. Sous l’égide du HCR, nombre d’entre eux acceptent de rentrer au pays par bateau à partir du 05 mai 1999À leur arrivée au port fluvial de Brazzaville (le « Beach »), des milliers d’entre eux disparaissent sans laisser de traces. Ainsi débute l’affaire des 353 disparus du Beach.

Pour  Benjamin Moutsila, l'enquête instruit actuellement les « crimes contre l'humanité » et ce dossier serait en voie de requalification en « génocide » par le juge.


CRÉATION D'UN BUREAU INTERNATIONAL

À la fin de la conférence, il a été décidé, par les organisateurs (Brice Nzamba et Kovalin Tchibinda Kouangou), la création d'un bureau international de prévention de génocides dans le monde. Ce bureau sera un organe de veille contre les génocides :

Ce bureau international sera mis sur pied, en septembre 2014 prochainBrice Nzamba et Kovalin Tchibinda Kouangou seront soutenus et parrainés par l'« OEJF (Organisation des etudiants juifs de france) », le « CRIF (Conseil Représentatif des institutions juives de France) », du « CCAF (Conseil de coordination des organisations arméniennes de France) » etc …  Dans un premier temps, monsieur  Kovalin Tchibinda Kouangou en sera le président et se chargera en même temps du département africain de veille contre le génocide et de la surveillance des dictateurs, au sein de ce bureau international.



Conférence internationale sur le génocide rwandais et crimes politiques en Afrique du 21 juin 2014 au palis Bourbon à l'Assemblée nationale de Paris : Photo de l'ensemble des intevenants.


Jamais dans l'histoire des conférences, meeting ou débats organisés par la diaspora congolaise sur la place de Paris, on a vu des invités d'un tel niveau.  Brice Nzamba et Kovalin Tchibinda Kouangou ont affiché leur volonté d'amitié et de travaillé ensemble. À travers cette conférence les deux organisateurs ont démontré leur savoir faire et leur maîtrise du sujet. Ils ont également démontré que l'union fait la force.

Pour sortir l'Afrique des génocides et des crimes politiques, nous devons toujours garder notre capacité d'indignation. C'est cette capacité qui a réunit deux frères du Congo-Brazzaville dans ce combat noble que seules des âmes de lumières peuvent engager.

La conférence été ouverte par un discours d'ouverture de Kovalin Tchibinda Kouangou (Président de l'observatoire panafricain de la Tribalité) et elle a pris fin par un discours de clôture de  Brice Nzamba (président du Cercle de la Rupture).


LES INTERVENANTS :

- Nestor  BIDADANURE, Philosophe et écrivain franco-burundais

- José MENE BERRE, Consultant, journaliste, éditorialiste (Gabon)

- Benjamin MOUTSILA, Président de la fédération Congolaise de la Diaspora (Congo-B)

- Raphaël DORLIN, Consultant international

- Alain GAUTHIER, Président du collectif des parties civiles pour le Rwanda

- Nizar AYED, Avocat à la cour de cassation (Tunisie)

- Yonathan ARFI, Vice président du « CRIF »

- David GAKUNZI, Écrivain, militant des droits de l'homme, Directeur de l'« Irea (Institut de Recherche et d'études africaines) », Maison de l'Afrique

- Achaikh ibn-Oumar, Ancien ministre des affaires étrangères et haut représentant du Tchad auprès des Nations unies (Tchad)

- Dominique SOPO, Militant associatif, ancien président de « SOS Racisme »

- Sacha REINGEWIRTZ, Président de l'« Union des étudiants juifs de France (UEJF) ».


Reportage réalisé par :
Appolinaire Noël KOULAMA (ANK).

 

Cordialement,
La Direction du « RÉSEAU NERRATI-PRESS ».

 

 
     
 

 

 
   
 

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puce SARKOZY PARTICIPE CE VENDREDI 25 JUILLET 2014 AU « FORUM ÉCONOMIQUE 2014) » À BRAZZAVILLE. (le 27/07/2014 à 23h30)

 
   
   
 

 

 
 

 

SARKOZY PARTICIPE CE VENDREDI 25 JUILLET 2014 AU « FORUM ÉCONOMIQUE (FORBES AFRICA-2014) » À BRAZZAVILLE.


L'ancien chef de l’État français, Nicolas Sarkozy, participe ce vendredi 25 juillet 2014 à Brazzaville au forum « Forbes Africa », en présence du controversé président congolais Denis Sassou Nguesso réputé pour sa dictature et ses intentions de modifier la constitution pour se représenter.
 


L'ancien président français Nicolas sarkozy.

 

Un hôte de marque a interrompu ses vacances pour se rendre, selon nos informations, au Forum économique « Forbes » qui se tient à Brazzaville, au Congo : Nicolas Sarkozy. L'entourage de l'ancien président a confirmé à L'« Express » sa présence -qui n'avait pas été annoncée préalablement. C'est la deuxième fois qu'il se rend en Afrique noire depuis son départ de l’Élysée.

La messe et ses invités sont veillés au grain par Denis Sassou Nguesso, le tout-puissant président congolais, que ses opposants soupçonnent de préparer une petite réforme constitutionnelle afin de pouvoir briguer un troisième mandat à la présidentielle de 2016. Christine Ockrent, le député « UMP » Alain Marsaud et le vice-président d'Havas, Stéphane Fouks, seraient également sur place, après être partis jeudi de Paris dans un avion affrété par Sassou. Plusieurs chefs d’État africains assistent à la troisième édition de cette réunion internationale.


UNE CONFÉRENCE À 100.000 EUROS

Nicolas Sarkozy toucherait, pour sa participation au Forum à titre d'« ami », 100 000 euros. L'an dernier, Jean-François Copé s'était fait inviter au même Forum. Il avait reçu, selon le Journal du dimanche, environ 30000 euros -une somme alors jugée « extravagante » par Jérôme Lavrilleux, son directeur de cabinet, qui avait évoqué un montant « largement inférieur ».

L'ex-chef de l’État français doit annoncer à la rentrée s'il se présente à la présidence de l'« UMP », comme tout semble l'indiquer, ou s'il se consacre à des activités privées.


LE DISCOURS À 100.000 EUROS

(...)

L’ancien Président français, Nicolas Sarkozy, a déclaré Vendredi 25 juillet 2014, à Brazzaville à l’ouverture de la troisième édition du Forum économique Forbes Afrique 2014, que « la perception du risque en Afrique est plus grande que la réalité ».  

« La perception du risque en Afrique par les investisseurs est plus grande que la réalité sur le terrain », a affirmé Nicolas Sarkozy, un des invités du Forum. « À cause de leur instabilité, certains pays viennent saper les efforts de nombreux pays africains » en termes de développement, a-t-il déploré faisant remarquer que l’Afrique est la zone la plus dynamique au cours des dix dernières années avec une moyenne annuelle 5,1 pour cent de croissance régulière du + PIB + », a dit l’ancien président français.

Il a affirmé par ailleurs, « la bancarisation ne va pas de pair avec frilosité », a encore lancé l’ancien chef de l’Etat français dénonçant ainsi les réticences des banques à financer les projets.

M. Sarkozy a salué dans ce cadre, « l’arrivée des investisseurs chinois en Afrique car ils croient en le potentiel africain contrairement aux Européens ». Il a conclu en insistant sur la nécessité pour les banques africaines de travailler en « syndication » en ce sens que « les faiblesses des unes puissent faire la force des autres afin qu’elles puissent se compléter ».

Le 3è Forum de Forbes Afrique 2014 est consacré au thème : « Les défis de la bancarisation : le modèle africain ».

(...)

 

Cordialement,
La Direction du « RÉSEAU NERRATI-PRESS ».

 

 
     
 

 

 
   
 

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puce LE CONGO-BRAZZAVILLE EXPULSE UN EX-EMPLOYÉ DE L'AMBASSADE DE FRANCE. (le 24/07/2014 à 01h15)

 
   
   
 

 

 
 

 

LE CONGO-BRAZZAVILLE EXPULSE UN EX-EMPLOYÉ DE L'AMBASSADE DE FRANCE POUR SA PROXIMITÉ AVEC L'OPPOSITION CONGOLAISE.


Un Français a été expulsé de République du Congo le 09 juillet 2014 dernier. Jérémy Filippi est un ancien employé de l’ambassade de France à Brazzaville. Il avait effectué un contrat de « Volontaire international en administration (VIA) ». Entre juin 2011 et juin 2013, il était chargé de la communication et de la politique intérieure pour le compte de l’ambassade. Revenu au Congo mi-juin 2014 pour travailler pour une société privée, il s’est finalement fait expulser. Les autorités l’accusent de s’être immiscé dans la politique congolaise. Source :  « RFI ».
 


Drapeau de la république du Congo.

 

Durant deux ans, Jérémy Filippi rencontre un grand nombre de politiciens congolais. « C’était l’une de mes missions », dit-il. Le Français, âgé aujourd’hui de 28 ans, mène des entretiens avec quelques représentants de la majorité, mais surtout avec des opposants. « J’en voyais un à deux par semaine. Même si, parfois, j’arrêtais pendant quelques mois. Selon les relations entre Paris et Brazzaville, l’ambassadeur me demandait de lever le pied au besoin », explique l’ancien expatrié.

Avec les opposants, il parle de la situation du pays. Il leur demande leurs avis, leurs projets et leurs stratégies pour l’avenir. « Mon rôle était d’écouter ce qu’ils avaient à dire. Je rédigeais une note et la transmettais directement à l’ambassadeur », indique Jérémy Filippi. Ces rendez-vous se tiennent systématiquement dans un lieu public, le plus souvent à l’institut français, « jamais chez eux ou chez moi, justement pour ne pas être accusé à tort de conspiration », déclare le jeune homme.

Une mission somme toute classique. « Dans le travail d’une ambassade, il est parfaitement admis de rencontrer des opposants, à condition de ne pas trop en faire état », confie une source diplomatique. « L’ambassadeur ne peut pas les voir directement en tête-à-tête. Cela peut créer des tensions avec les autorités, et bloquer des dossiers. Donc il délègue », explique cette même source. Par contre, l’ambassadeur côtoie officiels et opposants de manière transparente, « dans un cadre plus large, comme des réceptions, etc. Cela permet de ne pas être utilisé par un camp ou l’autre », conclut un diplomate.


AVERTISSEMENT

Le 13 juin 2014, Jérémy Filippi revient au Congo, cette fois à titre privé. Il doit réaliser un contrat d’un mois avec la société « SIP Editions », une entreprise qui se trouve éditer l’agenda de l’ambassade de France.

Un premier avertissement lui est envoyé le 25 juin 2014 par un contact à l’ambassade. Un message l’informant avec inquiétude que le secrétaire général du « Conseil National de Sécurité (CNS) », Jean-Dominique Okemba, exige qu’il quitte le pays, à cause de « contacts subversifs avec les membres de l’opposition ».

Le conseiller spécial du président Sassou-Nguesso aurait averti l’ambassadeur de France. Il aurait aussi chargé de l’affaire le colonel Elie Atipo-Etou, directeur des Affaires intérieures de la « Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) ».

L’expatrié est alors convoqué pour le 1er juillet 2014 à la « DGST ». Il se rend au rendez-vous, où il est interrogé par l’officier et un de ses adjoints. « Ils n’étaient pas menaçants, mais le ton était froid et ferme », se rappelle Jérémy Filippi. Ce dernier affirme avoir été questionné sur les raisons de son retour au Congo. La nature de son nouveau travail.

Puis on lui aurait demandé des précisions sur son ancien emploi à l’ambassade. Pourquoi il avait rencontré des opposants, s’il avait par exemple eu des entretiens avec Mathias Dzon (NDLR : président du parti « ARD »), et s’il avait de nouveau contacté des opposants lors de son séjour actuel. Jérémy Filippi signe un procès-verbal, et l’affaire en reste là. Pour l’instant.


TON MENAÇANT

Le 04 juillet 2014, la « DGST » le convoque de nouveau. « Cette fois le ton était plus menaçant », indique le jeune homme. Le colonel Atipo-Etou lui indique que sa hiérarchie demande son départ. « Pour seul motif, il m’a donné le fait que j’avais rencontré des opposants. J’ai demandé en quoi était-ce un problème? Il m’a répondu que si je voulais que ça se passe bien, il fallait que je parte », se souvient l’ancien expatrié.

Son contact à l’ambassade lui conseille également de plier bagage, vu « l’imprévisibilité des forces de l’ordre congolaises ».

Mais le Français n’en fait rien. « Je refusais de céder. Je voulais qu’ils aillent au bout de leur logique », explique Jérémy Filippi. Le week-end passe. Lundi 07 juillet 2014, la « DGST » le convoque pour le lendemain. Le Français prévient cette fois son ambassade.

Le 08 juillet 2014, il arrive devant le colonel Atipo-Etou à 8h30, lui dit qu’il estime n’avoir rien fait d’illégal et que s’il était expulsé, il fallait lui notifier officiellement. « Il m’a répondu -d’accord, vous ne voulez pas partir, je vous place en garde à vue et on vous expulse », raconte le jeune homme.

Il est alors placé en cellule à la « DGST », avec 7 autres détenus. « Certains m’ont dit être là depuis des mois, voire des années, dans l’attente d’un procès », détaille Jérémy Filippi. Prévenue, l’ambassade lui apporte des vivres. Il passe la nuit en détention et le lendemain soir, la police l’escorte jusqu’à l’aéroport et le met dans un avion pour Paris.


AMERTUME

« Je suis choqué, mais pas surpris quant on connaît la nature du régime congolais. On ne me reproche pas d’avoir appuyé, encouragé et encore moins financé des opposants. On me reproche simplement d’avoir discuté avec eux, de les avoir rencontrés. Le Congo veut donner l’impression qu’il est un Etat de droit, mais sur les questions politiques, le régime est encore très tendu, et limite paranoïaque. Comme si moi, petit volontaire international j’étais capable d’exciter qui que ce soit pour renverser le régime. Je trouve ça hallucinant », réagit le Français, qui demande à Paris de prendre ses responsabilités.

Selon lui, le ministère des Affaires étrangères doit protester officiellement. « On ne peut pas demander à des agents de s’investir dans un pays sensible comme le Congo si ces mêmes agents risquent demain d’être arrêtés, intimidés ou expulsés au seul motif qu’ils font le travail demandé ».

Interrogée, l’ambassade de France à Brazzaville renvoie la balle au Quai d’Orsay, qui lui n’est pas très bavard sur cette affaire. « Son expulsion n’a aucun lien avec notre ambassade. C’est un problème d’ordre privé. Ce que les autorités du Congo lui reprochent c’est une affaire de justice et nous n’avons pas à nous en mêler », indique un officiel du ministère. Il n’en dira pas plus.


SILENCE RADIO

D’autres sources diplomatiques étrangères, au courant de l’affaire, ont aussi du mal à y voir clair. « Les autorités nous ont opposé un silence radio. Nous n’avons rien pu savoir à part que sa présence était indésirable. Brazzaville a décidé que c’était son choix souverain », indique un diplomate européen, avant d’ajouter une hypothèse : « Le pays est dans un contexte spécial, avec la perspective d’élections. Il y a une certaine crispation concernant tout ce qui va à l’encontre du pouvoir ».

Un autre contact diplomatique étranger ajoute que ce genre d’expulsion est rare : « C’est peut-être une mauvaise interprétation du nouveau travail qu’il venait faire au Congo. Peut-être un excès de zèle. Peut-être un peu de paranoïa. On peine à comprendre ».

Joint par téléphone, le colonel Atipo-Etou a refusé de répondre aux questions. Interrogé sur l’affaire, l’officier s’est aussitôt mis en colère, affirmant que les médias ne parlaient jamais des Congolais expulsés de France, avant de mettre brutalement fin à la conversation.

Le porte-parole du gouvernement a lui accepté de s’exprimer sur le sujet. Selon Bienvenu Okiemy, également ministre de la Communication, « il lui est reproché d’avoir développé une intelligence, visant à dresser les Congolais les uns contre les autres. Il lui est reproché aussi de s’être immiscé, sans aucun titre, dans la vie politique de notre pays. En somme, ce monsieur a développé des activités qui étaient tout sauf commerciales. Et il aura foulé au pied le droit congolais ».

Ce serait donc son retour à Brazzaville le mois dernier, et l’activité qu’il aurait exercé dans le pays depuis cette date, qui poserait problème. Mais le ministre ne donnera pas plus de détails. En tout cas Jérémy Filippi lui tombe des nues. « Je ne comprends pas. Je ne vois pas ce qu’on me reproche. Je n’ai même pas rencontré d’opposants depuis mon retour ».


PRISON POUR LA PROCHAINE FOIS

Interrogé sur ce qu’il entendait par « intelligence » et avec qui, Bienvenu Okiemy répond : « Quand nous parlons d’intelligence, il y a certainement eu collusion. Mais nous nous en sommes arrêtés à une mesure administrative d’expulsion. S’il y avait eu une instruction d’engagée, on aurait peut-être aujourd’hui les résultats, s’il sagissait d’une intelligence à titre personnel ou à titre collectif. Quoiqu’il en soit, à la lumière de nos relations avec la France, nous avons décidé de l’expulser mais de ne pas engager de procédure pénale ».

Au passage, le ministre lance un ultime avertissement : « La République du Congo n’est pas une terre d’aventure. À l’avenir, de tels comportements se solderont bien par une sanction pénale, avec la possibilité d’effectuer un séjour en prison, si le juge congolais l’estime nécessaire ».

Jérémy Filippi explique la position de Brazzaville par le fait qu’il « est difficile pour un régime d’expliquer des expulsions prises pour des raisons politiques ». Il n’est par ailleurs pas surpris que l’ambassade n’ait pas pu empêcher son expulsion. « L’ordre est venu de très haut », dit-il. Quant à l’explication du « Quai d’Orsay », il se dit déçu : « Le ministère a une position de prudence extrême. Il doit avoir le courage de protester ».

 

Cordialement,
La Direction du « RÉSEAU NERRATI-PRESS ».

 

 
     
 

 

 
   
 

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puce SASSOU NGUESSO TRANSFÈRE LES MEMBRES DU CDRC DE LA MAISON D'ARRÊT DE POINTE-NOIRE À BRAZZAVILLE. (le 19/07/2014 à 19h09)

 
   
   
 

 

 
 

 

SASSOU NGUESSO TRANSFÈRE LES MEMBRES DU CDRC DE LA MAISON D'ARRÊT DE POINTE-NOIRE À CELLE DE BRAZZAVILLE.


COMMUNIQUÉ DE PRESSE.
 


Logo CDRC.

 

Relatif au transfert des membres du CDRC de la prison de la maison d’arrêt de Pointe-Noire à celle de Brazzaville. Comme à l’accoutumée, Monsieur SASSOU N’GUESSO qui avait instruit lui-même le Préfet de Pointe-Noire, Monsieur Honoré PACKA, de procéder à l’arrestation du Président Modeste BOUKADIA, n’a pas communiqué les raisons de ce transfert. Nous alertons la presse et les Instances Internationales pour qu’elles veillent et soient garantes de la sécurité de ces hommes dont nous avons perdu la trace.

Le transfert concerne les membres du CDRC, arrêtés au nombre de vingt-huit (28) le 21 août 2013 au motif de demande de gouvernement d’union nationale manifestée sur la voie publique et emprisonnés à Pointe-Noire depuis ce jour, jugés le 9 Avril 2014 sur acte d’accusation délivré le 31 mars 2014 par la Cour Criminelle de Pointe-Noire pour "atteinte à la sûreté de l’Etat" et dont il est impossible à ce jour d’obtenir de la part de la Cour Criminelle signification ou copie du jugement qui libère treize (13) des membres et condamne les quinze (15) autres à de lourdes peines de prisons et de travaux forcés, alors que, pour les mêmes raisons de gouvernement d’union nationale, le pouvoir arbitraire du Parti congolais (communiste) du Travail (PCT) et du Gouvernement d’Oyo de Monsieur SASSOU N’GUESSO vient d’organiser le 5 juillet 2014 au Palais des Congrès à Paris au même motif une manifestation pour l’Union Nationale.

Il s’agit de :

- Messieurs MIAKAMONA NZINGOULA Sylvain, MABIALA MPANDZOU Paul Marie et TSIAKAKA Valentin condamnés à SEPT (7) ANS de détention ferme.

- Messieurs MBANZA Judicaël, KIMANGOU Joseph, BIBILA Gilbert, MABOYI Antoine, SILAHO René, MATSIMOUNA MOUYEKET Éloge, KIALOUNGOU Pierre Placide, TANDOU Jean Claude, BANAGOUNA Mesmin condamnés à CINQ (5) ANS de détention ferme.

- Messieurs LONDE MOUSSA Landry et NGOMA Sylvain Privat condamnés à DEUX (2) ANS de détention ferme.

- Monsieur BOUKADIA Modeste, Président du CDRC, condamné par contumace à TRENTE (30) ANS DE TRAVAUX FORCES.

Le CDRC rappelle, d’après LE DROIT :

- A la communauté internationale, aux États-Unis d’Amérique qui organise le Sommet USA/Afrique les 5 et 6 août 2014 à la Maison Blanche, à l’organisme FORBES qui tient les 24 et 25 juillet 2014 à Brazzaville le troisième Forum économique que ces condamnations sont arbitraires et mettent en exergue le déni pour la démocratie et les droits de l’Homme par Monsieur SASSOU N’GUESSO ;

- Monsieur SASSOU N’GUESSO exerce la tyrannie à l’égard des populations du SUD CONGO qui sont pacifiques et n’aspirent qu’à l’essentiel, le droit à la vie ;

- A l’auto-détermination du Peuple du SUD CONGO pour la sauvegarde du génome Kongo et pour se préserver des crimes contre l’Humanité, des crimes de guerre condamnés par le procès de Nuremberg dont les populations du SUD CONGO sont victimes.

Le CDRC demande sur la base du DROIT :

- Où Monsieur SASSOU N’GUESSO a-t-il décidé d’aller en légitimant les membres du CDRC des prisonniers politiques dont le seul délit est la demande d’un gouvernement d’unité nationale ?

- LA LIBÉRATION DES MEMBRES DU CDRC ET DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES SANS CONDITION et LA REMISE DE CES HOMMES AUX INSTANCES INTERNATIONALES.

Fait à Paris, le 19 juillet 2014

Modeste BOUKADIA
Président du Cercle des Démocrates
et Républicains du Congo (CDRC)
.

 

Cordialement,
La Direction du « RÉSEAU NERRATI-PRESS ».

 

 
     
 

 

 
   
 

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puce ROMANS D'AFRIQUE CENTRALE : « LA BOUE DE SAINT-PIERRE » DE RALPHANIE MWANA KONGO. (le 17/07/2014 à 17h00)

 
   
   
 

 

 
 

 

ROMANS D'AFRIQUE CENTRALE :  « LA BOUE DE SAINT-PIERRE » DE RALPHANIE MWANA KONGO.


« La boue de Saint-Pierre » présente Tangu, un pays imaginaire d’Afrique centrale qui pourrait nous rappeler des réalités sociopolitiques du Congo, du Cameroun, du Gabon, de la Centrafrique, de la RD Congo… Tanu nous offre-t-il réellement un univers dont les hommes et les femmes épouseraient le quotidien sociopolitique de la sous-région ? Réponse à cette question après lecture de ce premier roman de Ralphanie Mwana Kongo.
 


La talentueuse écrivaine congolaise,  Ralphanie Mwana Kongo, auteure de « La boue de Saint-Pierre » qui est son premier ouvrage.

 

Cruel destin de Pélagie Tala, vie abîmée de son frère Gaspard par son ami de circonstance Ferdinand Moto et l’étrange ambition politique de ce dernier, voilà les axes principaux de l’univers romanesque de « La boue de Saint-Pierre ». Aussi, devant ce récit qui déroule plusieurs aventures, le lecteur se demande : Est-ce l’histoire de Pélagie qui endure le mal de sa famille ? Est-ce la vie énigmatique du sulfureux politicien Ferdinand Moto ? Est-ce l’histoire de la gent féminine dépravée ou se remarque l’infidélité de Louisa et la désinvolture de Mimi, la maîtresse de Ferdinand Moto ? Mais on remarque que les évènements tournent autour de Gaspard qui apparait comme le personnage principal et omniprésent dans le destin des autres. Frère de Pélagie ayant réussi dans la couture après une vie difficile et pénible auprès de ses parents, il fait la connaissance du futur préfet Ferdinand Moto. Ce dernier va se servir de sa naïveté pour lui demander de confectionner le « Mulélé-nfumu », un habit auquel on attribuerait une valeur mythique et mystique pour le président au pouvoir, mais qui sera le sien quand il va accéder curieusement à la magistrature suprême. Et l’argent et le sexe vont contribuer à son ascension politique, à la grande surprise de son ami Gaspard marqué par le monde politique où la fin justifie les moyens.


PÉLAGIE ET PIERRETTE, DEUX DESTIS DOULOUREUX RÉCOMPENSÉS AU DERNIER MOMENT

Violée par son père et mère de deux « enfants sans père », avant de tomber dans les bras d’un certain Brice qui lui fait un autre enfant, Pélagie vit dans la précarité. Elle ne connait pas le bonheur conjugal avec Brice, un homme jaloux adepte du tabac et de l’alcool. Aussi, sera-t-elle obligée d’avorter quand elle tombe de nouveau enceinte, ne voulant plus avoir un deuxième gosse avec Brice. Sa timidité et sa passivité s’effacent brusquement quand elle perd l’un de ses deux fils élevés par sa mère. Elle affronte celle-ci jusqu’à lui porter main quand elle décide d’élever seule ses deux enfants qui lui restent et qu’elle aime énormément. Son frère qui a admiré son courage et son projet de confectionner des tricots, l’aide financièrement pour commencer une autre vie de bonheur loin des tracasseries de sa mère et de Brice le père de sa fille Léonide.

Le bonheur tardif apparaît aussi chez Pierrette, cette femme qui va élever seule son fils. Barthélemy Tengo, le géniteur de sa grossesse, n’avait pas reconnu son acte car étudiant à l’époque. Celui-ci, plusieurs années après une réussite sociale consécutive à son militantisme politique, fait revivre l’amour qu’il avait avec son amie d’enfance. Il reconnait son fils, demande pardon à Pierrette pour repartir sur des nouvelles bases : « [Quand tu t’es retrouvée enceinte ; je n’ai pas pu prendre mes responsabilités (…). J’espère que tu me pardonnes (…). Je veux reconnaitre Zoizo [leur fils], t’épouser et commencer une nouvelle vie ailleurs. Tous les trois…]i » (p.153).


DES FEMMES, PAS COMME PÉLAGIE ET PIERRETTE

Si Pélagie et Pierrette n’ont pas connu le bonheur conjugal comme le souhaiterait toute jeune femme au début de sa vie sentimentale, il y a dans « La boue de Saint-Pierre » une catégorie de femmes qui jouissent de leur sexe. Louisa, la femme de Gaspard, se laisse séduire par le futur préfet Ferdinand Moto. Celui-ci profite du manque de tendresse de Gaspard envers son épouse pour assouvir son dessein. Séduite par le comportement agréable du futur préfet, Louisa connait l’amour romantique avec ce dernier : « Gaspard manquait de tact, il était dépourvu de romantisme (…) L’amour, Louisa l’avait toujours voulu fort, captivant, enivrant (…). Elle l’éprouvait avec Ferdinand. Quel homme exquis, plein de délicatesse et d’attention ! » (p.112). Des femmes, pas comme Pélagie et Pierrette, on les trouve dans le groupe de la maîtresse de Ferdinand.

Ces femmes vont s’occuper de Gaspard à dessein. Par l’intermédiaire de Ferdinand, Gaspard devient un habitué du groupe de Mimi et commence à flirter avec la plus jolie femme du coin. Mais quelle ne sera pas sa surprise et sa déception quand Louisa, trahie par Firmin son domestique, au cours d’une discussion houleuse, avouera son amour pour Ferdinand : « Est-ce que c’est vrai ? Il espérait qu’elle réfuterait tous les odieux mensonges, toutes ces viles accusations (…). Je l’aime (…). Pardonne-moi ! Ce furent les seuls mots de Louisa. Le couturier s’affaissa dans le grand canapé du salon, les mains sur la figure » (p.144). Commence alors la descente aux enfers de Gaspard car se sentant trahi et perdu, descente aux enfers qui sera accentuée par l’ambition politique de Ferdinand.


PAS D'EMPATHIE ET DE SENTIMENTALISME EN POLITIQUE

La politique, synonyme de mensonge, de magouille et de tromperie en Afrique, se révèle dans ce roman à travers le personnage de Ferdinand Moto. Futur préfet et travaillant dans l’ombre pour renverser le président de la république, l’homme n’a aucune empathie envers les personnes auxquelles il s’attache par intérêt. Gaspard tombe dans le piège quand il fait la connaissance de la famille présidentielle dans l’exercice de son métier. Malgré sa réticence à confectionner le « Mulélé-nfumu », il est séduit par le mensonge de Ferdinand qui sert d’intermédiaire entre lui et la présidence.

Il lui propose une grosse fortune pour ce travail. Pour bien contrôler psychologiquement Gaspard, il l’entraîne vers la luxure et c’est le groupe des femmes de Mimi qui va s’occuper de Gaspard tout en le faisant cocu. Il profite des faiblesses sentimentales de ce dernier pour se comporter en véritable Don Juan devant Louisa : « (…) depuis que je t’ai vue, je n’arrive pas à te sortir de mes pensées (…). Une femme comme toi mérite d’être cajolée, choyée, idolâtrée tous les jours » (pp.94-96). Et c‘est ce qu’il fera au cours de leurs rencontres intimes. Ferdinand Moto, c’est l’homme politique sournois, sans scrupule et sans sentimentalisme quand il se prépare à renverse le président. Il joue un sale tour à Gaspard en vandalisant son atelier pour lui voler le « Mulélé-nfumu » qu’il a confectionné ainsi que l’argent versé pour l’acompte.

Il découvre l’ignominie de Ferdinand quand il apprend qu’il a été cocufié par ce dernier, et surtout quand il se proclame nouveau président après son coup d’État réussi. Aussi, son sadisme se dévoile une fois de plus quand il s’en prend à la famille du président. À l’indignation de Constantine, l’épouse du président déchu, il n’hésite pas à répondre par la cruauté : « Fusillez-la ! C’était la chose qu’il se contenta de dire. Et le couple Bukuta fut exécuté ainsi que tous les autres membres de la famille présidentiels, présents ce matin au palais » (p.149).


ET LA PRÉSENCE DE LA BOUE DU CÔTÉ DE SAINT-PIERRE ?

Saint-Pierre, un quartier qui pourrait rappeler un coin de Brazzaville, Douala, Kinshasa… par la boue qui y cause beaucoup de dégâts. Cette boue dans laquelle ont grandi Pélagie et Pierrette et leurs progénitures. Cette boue qui tue la vieille Nganga dans un accident de circulation. Cette boue qui empêche les taxis d’emmener le corps du petit Dimi à la morgue. Cette boue qui repousse les personnes nanties des quartiers modernes comme Louisa : « [[Elle] détestait ce quartier, sa misère noire et sa boue qui était l’image même des mœurs de ses résidents » (p.68). Et c’est cette même boue que le nouveau président promet de vaincre : « Seul un individu brillant pouvait gouverner le troupeau, le sortir de la boue et le ramener vers la lumière. Il [Ferdinand Moto] était le dirigeant qu’il fallait à ce peuple, lui, et pas un autre] » (p.152). Arrivera-t-il à concrétiser cette promesse ? Scepticisme au sein du peuple de Saint-Pierre.


 


« La boue de Saint-Pierre » est bâti sur une structure qui traite plusieurs sujets à la fois en respectant l’aiguillage temporelle dans une narration où les ellipses aident les lecteurs de passer d’un destin à un autre sans difficulté aucune. Une des qualités qui caractérise le roman de Ralphanie Mwana Kongo. Ce livre ne nous ramène-t-il pas dans le quotidien de l’Afrique du XXIe siècle qui peine à se réveiller socialement et politiquement ?


Noël KODIA, Essayiste et critique littéraire

Auteure :  Ralphanie Mwana Kongo
Titre :
« La boue de Saint-Pierre »
Édition :  L’Harmattan, coll. Encres noires
Année : 2012
153p.
Prix : 16,50 euros
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Cordialement,
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